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En exergue :

  • Frank Ramsey, "Truth and Probability" (1926)
    The highest ideal would be always to have a true opinion and be certain of it; but this ideal is more suited to God than to man.
  • Jules Bertaut, "1848 et la Seconde République" (1937)
    L'enthousiasme est pour rien chez nous : aussi les Français, peuple avare par excellence, le répandent-ils avec une générosité qui n'a d''egale que leur versatilité.
  • Turgot, lettre à Du Pont (1773)
    C’est au public lisant et réfléchissant qu’il faut parler, c’est à lui qu’il faut plaire, lui et lui seul qu’il faut persuader ; toutes les flagorneries aux gens en place, tous les petits détours dont en s’enveloppe pour ne pas les choquer sont une perte de temps écartant du vrai but et ne réussissant même pas à faire sur eux l’impression qu’on s’est proposée.

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Commentaires

Liberal

L’idée d’un super fonds est intéressante si le principal obstacle est un débat stock/flux mais je crains que l’exemption des pays en développement repose sur une réalité plus difficile à prendre en compte.

Ces pays sont encore fortement agricoles et émettent beaucoup moins de gaz à effet de serre par habitant que les pays industrialisés.

Je connais la méfiance de Bernard envers Wikipedia mais cette page résume assez bien la situation : http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_countries_by_carbon_dioxide_emissions_per_capita

Chaque année, les US rejettent 20 tonnes de CO2 par habitant (en légère hausse), l’Allemagne 10 (en légère baisse), la France 6 (stable), la Chine 3 (en forte hausse) et l’Inde 1 (en hausse moyenne). Les Chinois et les Indiens n’ont pas encore tous une (ou plusieurs) voiture, un frigo, un lave-linge…

Raisonner en termes de réduction par rapport aux niveaux d’émissions actuelles est donc terriblement injuste à leur égard. Leur interdire une hausse de leurs rejets revient à leur interdire de se développer. Beaucoup plus qu'un problème de stock vs flux, ils ont un problème de flux actuel vs flux à terme.

Nous vivons une période historique de l’histoire de l’humanité. Presque la moitié de la population de la planète est en train de passer de la misère crasse à la relative prospérité d’une classe moyenne. Cette révolution entraîne et va entraîner des contraintes environnementales majeures.

Si les occidentaux (à commencer par les Américains) partent du principe qu’ils ont un « god-given right » à polluer (beaucoup) plus que les autres, on n’arrivera jamais à un accord et tout le monde en subira les conséquences.

En revanche, si nous reconnaissons que nous n’avons pas à terme plus le droit de pourrir la planète qu’un Indien ou un Brésilien, on trouvera un accord qui pourra prendre ou non la forme d’un superfond.

Kyoto n’était pas dénué de défauts (directif au lieu d’être incitatif, sans incitation directe à la recherche…). Mais la principale raison du refus des US est qu’ils portaient le plus lourd fardeau, étant le plus gros pollueur.

C’est pourquoi j’ai du mal à partager l’optimisme de Jagdish Bhagwati : « It is hard to imagine the US, the ideological ally of markets, objecting to this application of the market principle: making each nation pay for its total pollution.”

Les Américains sont des gens pragmatiques qui ont maintes fois démontré par le passé qu’ils ne laissaient pas les principes faire obstacle à leur intérêt (droits de douane, subventions publiques…) Compte tenu du climat (sans jeu de mots) actuel aux US (négation du global warming, hostilité envers l’ONU etc…) Je ne les vois pas accepter de payer pour un Kyoto amélioré.

Bernard Salanie

Vous commettez un contresens, je crois, en ecrivant que "leur interdire une hausse de leurs rejets revient à leur interdire de se développer". Il n'est pas question de leur interdire quoi que ce soit ; en passant d'un systeme de quotas a une taxe au carbone (pour parler vite), l'objectif est justement de permettre a ceux qui veulent se developper rapidement de le faire, au prix du paiement de taxes au carbone elevees, mais qui peuvent etre financees a travers le Superfund. L'important est que chacun prenne ses decisions en internalisant le cout qu'il impose ainsi aux autres ; c'est une question de "verite des prix", pour causer enarque, ou d'egalisation des taux marginaux de substitution sociaux, pour causer economiste. C'est pour la meme raison que les chomeurs doivent payer leur essence au meme prix que les autres---quitte a ce que la collectivite augmente les transferts sociaux par ailleurs.

Liberal

Je parlais de Kyoto qui était beaucoup plus rigide que le mécanisme du superfund. Le choix, s'agissant des pays en développement, se réduisait à soit leur interdire de se développer, soit les exclures des quotas.

Je reconnais que cette idée du superfund n'apporte que des avantages par rapport au système de Kyoto. C'est plus souple et offre effectivement une transparence des prix.

Mon point central subsiste cependant. Ca ne va pas être simple à négocier. D'une part, les pays en développement auront beau jeu de souligner que nous n'avons pas eu à payer de taxe pour nous développer, et qu'il n'y a pas de raison qu'ils en payent tant qu'ils polluent moins que nous. D'autre part il faudra obtenir des occidentaux qu'ils acceptent de payer pour ce qui est gratuit aujourd'hui, et des US de prendre en charge la plus grosse part. Peut être que si Gore se présente en 2008 :)

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