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En exergue :

  • Frank Ramsey, "Truth and Probability" (1926)
    The highest ideal would be always to have a true opinion and be certain of it; but this ideal is more suited to God than to man.
  • Jules Bertaut, "1848 et la Seconde République" (1937)
    L'enthousiasme est pour rien chez nous : aussi les Français, peuple avare par excellence, le répandent-ils avec une générosité qui n'a d''egale que leur versatilité.
  • Turgot, lettre à Du Pont (1773)
    C’est au public lisant et réfléchissant qu’il faut parler, c’est à lui qu’il faut plaire, lui et lui seul qu’il faut persuader ; toutes les flagorneries aux gens en place, tous les petits détours dont en s’enveloppe pour ne pas les choquer sont une perte de temps écartant du vrai but et ne réussissant même pas à faire sur eux l’impression qu’on s’est proposée.

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Commentaires

V

Il me semble que la justification du devt durable, meme si l'on croit aux équilibres de marché de long terme, tient aux irréversibilités : c'est un sujet, comme celui qui, par exemple, tient à la vie humaine, peut justifier un interventionnisme et l'application d'un principe de précaution : on ne veut pas seulement avoir "raison en moyenne", mais surtout éviter les erreurs (surconsommation ou dégats sanitaires). Par ailleurs ceux qui font les choix, et ceux qui en payent le cout ne sont pas les memes.

Que se passe-t-il si les acteurs de marché se trompent sur ce que vaudra l'énergie dans 50 ans et définissent des prix qui conduisent à "sur exploiter" cette resource. Pour eux, c'est une perte financiére. En revanche, pour les menages modestes qui ont une voiture et un chauffage au fioul c'est tres grave. Si les marchés étaient complets, ces derniers seraient prets à s'assurer contre ce risque, ce qui peserait sur les prix. Faute d'un tel marché, il est presque certain que le risque de rupture energetique est sous estimé. Donc pas illégitime qu'il y ait une correction politique à cet effet.

Le probleme ensuite vient de la mesure, et de l'objectif. Le marché se trompe sur le "vrai" prix de l'énergie et de la pollution, mais faut-il augmenter les prix de 50, de 100 ou de 1000 % ? Faute d'objectifs clairs, on fera souvent des bêtises avec de bonnes intentions : acheter des sacs en papier peut etre anti-écologique que des sacs en plastique reutilisables. Habiter dans une vielle maison chauffée au bois peut etre moins écologique qu'etre dans un appartement chauffé électrique mais tres bien isolé.

Il me semble que la bonne reponse est une stratégie de développement de voies "de sécurité", qui permettent de répondre à la question suivante : si les marchés se trompent, comment peut-on en amortir l'effet sur les menages les plus modestes.

Henri

Dans le Wall-Street journal du 14 decembre, le journaliste Holman W. Jenkins montre comment il serait economiquement irrationnel d'acheter une Toyota Prius :

1/Il faudrait rouler 66 500 miles par an et une augmentation de 10 dollars par gallon du prix de l'essence pour etre gagnant par rapport a un modele classique genre Toyota Corolla.

et surtout :

2/en achetant ce vehicule, on participe a une moindre demande de petrole, une baisse de prix et donc on subventionnerait les consommateurs "environnementalement irresponsables".

Apparament, il vaudrait donc directement mieux financer une depollution sur www.terrapass.com !

Comme quoi, etre fidele a ses convictions environnementalistes (ou sociales) est un chemin seme d'embuches. L'une des toutes premieres Toyota Prius a ete achete par Brad Pitt pour aller de l'aeroport d'Aspen a sa villa (30 chambres d'apres le tres serieux "People"!)

econoclaste-alexandre

Les écologistes émettent souvent des avis contradictoires et très contestables; n'est-ce pas le rapport brundtland qui énonce que la raréfaction des ressources naturelles va élever leur prix, puis quelques pages plus loin que les pays en voie de développement producteurs de ressources naturelles vont rester pauvres par dégradation de leurs termes de l'échange due... à la baisse tendancielle du prix des ressources naturelles.
Ils ne sont battus en la matière que par les idéologues, par exemple ceux qui décident de remplir des pages du wall street journal qui pourraient être consacrées à des informations utiles à expliquer aux gens, qui sont probablement trop bêtes pour prendre leurs décisions, ce qu'ils doivent consommer. Dommage que ces sujets importants soient systématiquement gâchés par les bagarres de cour de récré. Il ne faut sans doute pas chercher plus loin les causes de l'ignorance des gens sur le sujet.

Bernard Salanie

Qu'on ne se méprenne pas : j'ai enseigné le DevDur plusieurs années, je pense donc que c'est un sujet important... et il a bien fallu que je trouve ma propre définition (avec l'aide de mes prédécesseurs). Voilà ce qui figurait dans mon cours, de mémoire :
1. croissance soutenable
2. effets externes
3. ressources épuisables
4. ressources renouvelables
5. principe de précaution
6. arbitrages intertemporels.

Henri

En l'occurence, je ne vois pas en quoi ce journaliste fait preuve d'ideologie mais bon...
C'est plutot le genre d'idee simple, percutante et donc dangeureuse, qui s'enonce en une phrase mais necessite un cours entier pour etre refutee.

Flaff

econoclaste-alexandre: le problème est bien que n'importe qui peut se prétendre écologiste (un peu de la même façon que n'importe qui peut se prétendre économiste, d'ailleurs).

Comme le souligne à sa manière Bernard Salanié, la notion de developpement durable a été ramenée d'entre les morts (ses auteurs ne contrediront plus ceux qui s'en proclament les héritiers) pour tenter de contredire le discours selon lequel il n'existe pas de croissance économique (globale) soutenable. Traditionnellement, les écologistes répondent à cela par des théories de developpement local qui, conjuguées, mènent à une décroissance globale (par la déspécialisation des économies). Une partie des gauchistes (les verts, notamment) souhaitent ardemment concilier la théorie économiste classique (croissance globale, enrichissement global) et la pensée éconologiste : d'où le retour parmi les vivants du "developpement durable".

Du fait de son rôle de "brûlot" au sein de l'armada éconologiste, la notion même de developpement durable est généralement considérée par ceux qui croient sincèrement en leurs convictions éconologistes comme une malhabile resucée de travaux déjà connus à l'époque de Dumont et écartés du champs de réflexion pour leur insuffisance à aborder l'avenir de la planète dans son ensemble.

Voir par exemple la tentative de dépassement de la stratégie de developpement local par le developpement durable par Lipietz :

http://lipietz.net/article.php3?id_article=895

V

BS : Pour bien comprendre : quelles seraient les 3 décisions que vous prendriez si vous etiez nommé ministre du développement durable ?

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