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En exergue :

  • Frank Ramsey, "Truth and Probability" (1926)
    The highest ideal would be always to have a true opinion and be certain of it; but this ideal is more suited to God than to man.
  • Jules Bertaut, "1848 et la Seconde République" (1937)
    L'enthousiasme est pour rien chez nous : aussi les Français, peuple avare par excellence, le répandent-ils avec une générosité qui n'a d''egale que leur versatilité.
  • Turgot, lettre à Du Pont (1773)
    C’est au public lisant et réfléchissant qu’il faut parler, c’est à lui qu’il faut plaire, lui et lui seul qu’il faut persuader ; toutes les flagorneries aux gens en place, tous les petits détours dont en s’enveloppe pour ne pas les choquer sont une perte de temps écartant du vrai but et ne réussissant même pas à faire sur eux l’impression qu’on s’est proposée.

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Commentaires

Olivier

les blogs deviennent des sources d'information et d'analyse parallèles aux grands journaux nationaux et locaux, et on peut constater que les analyses proposées sont souvent plus "incisives" et parfois plus pertinentes que celles proposées dans les médias traditionnels (cela peut par exemple être le cas de ce blog concernant les questions économiques ;-)

la question posée est alors : comment le système économique peut-il fournir une information de qualité, qui remplisse des fonctions d'enquête et d'analyse importantes dans le fonctionnement d'une démocratie ?
est ce qu'un systeme de marché peut permettre de fournir une couverture correcte de l'information ?

la logique de vente suivie par les journaux les incite souvent à reprendre les depêches AFP et à proposer des analyses courtes et superficielles (ce dont par exemple se plaignent souvent les économistes). La libre-ouverture du capital des journaux conduit également des grands groupes industriels (souvent dépendants des commandes de l'Etat) à acheter de grands médias (Bouygues, Dassault, Lagardère etc...). Dès lors interviennent des conflits d'intérêt importants. La publicité amène également à se demander si le contenu éditorial n'est pas en quelques sorte dépendant des annonceurs présents dans le journal.

Vous développez souvent l'idée que le marché, malgré ses défaillances, est le meilleur moyen de fournir un bien de manière efficace. Est-ce également le cas dans le cas du bien 'information" ?
Bien entendu, l'information d'Etat n'est pas une alternative, mais des solutions limitant les mécanismes de marché ne sont-elles pas nécessaires ? (par exemple interdiction aux groupes industriels d'entrer dans le capital des entreprises de médias etc...)

Bernard Salanie

Vous avez raison, Olivier, les blogs ont une importance de plus en
plus grande non seulement en ce qui concerne les commentaires sur
l'information, mais également dans sa diffusion. Certains s'en
inquiètent, essentiellement me semble-t-il parce qu'il serait
difficile de valider une information parue sur un blog (par opposition
à un journal de bonne réputation). Je ne trouve pas cet argument très
fort :
* d'une part, les blogs se "surveillent" les uns les autres ;
* d'autre part, ils sont interactifs et une erreur (ou une
désinformation) est rapidement dénoncée---le bloggeur a toute latitude
de détruire les commentaires qui lui déplaisent, mais il lui faudrait
vraiment être en permanence sur le qui-vive...
* d'une tierce part (après tout, pourquoi n'y aurait-il que deux parts ?),
les réputations se construisent et surtout se détruisent vite en ce domaine.
Pour changer de journal parce que la rubrique de la page 17 vous a énervé,
il faut résilier son abonnement, et perdre alors le bénéfice de la
lecture des autres rubriques. Si quelqu'un n'aime pas mon blog, il lui
est facile d'en trouver un autre qui lui fournira des commentaires
d'un ton différent.

J'avais esquissé il y a quelque temps un nouveau modèle envisageable pour le
secteur de l'information :

http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/2005/07/avonsnous_besoi.html

* chaque contribuable acquitte une "taxe information" de x% ; il est
libre d'en affecter le produit entre des agences de production
d'informations privées (type AFP, Reuters, etc).
* ces agences sont tenues de réveler l'information sur le Web
gratuitement.
* elles peuvent également vendre leurs commentaires, comme les
journalistes, les blogueurs et autres. (Comme les blogueurs sont prêts à
le faire gratuitement, c'est dur pour les journalistes, à moins qu'ils
ne puissent prouver une compétence supérieure. That's life).
* le x% est calculé de manière à attirer assez d'agences, afin que la
concurrence et le pluralisme soient assurés.

Votre question porte surtout sur le risque que l'information soit
détournée, ou cachée, ou maquillée par des individus particulièrement
puissants , que ce soit sur le plan politique, comme pour la
télévision d'État, ou sur le plan économique comme lorsque les médias
sont contrôlés par des intérêts privés.

Un premier fait d'observation : le premier risque n'est pas latent, il
s'est matérialisé dans tous les régimes totalitaires, qui
monopolisaient par définition les moyens d'information. Le second est
moins clair : même en Italie, il ne manque pas de riches
anti-berlusconistes pour continuer à faire fleurir une presse
d'opposition très virulente ; et le New York Times, par exemple,
est contrôlé par des "capitalistes de gauche".

Je crois sincèrement que la profusion d'informations sur le Web ne
peut que réduire le risque que des intérêts privés puissent manipuler
les citoyens. Tant que l'accès au Web restera quasi-gratuit dans les
pays développés, et s'íl continue à devenir de plus en plus facile
dans les pays pauvres, quel capitaliste pourrait faire taire toutes
ces voix ? "Les capitalistes nous vendront la corde pour les pendre",
disait Lenine. En l'occurrence,avec Internet puis le Web, les
capitalistes ont développé, par appât du gain, un outil inventé pour
les scientifiques. Ce faisant, ils ont considérablement réduit leur
possibilité de contrôler l'information. Quant à Lenine...

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