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En exergue :

  • Frank Ramsey, "Truth and Probability" (1926)
    The highest ideal would be always to have a true opinion and be certain of it; but this ideal is more suited to God than to man.
  • Jules Bertaut, "1848 et la Seconde République" (1937)
    L'enthousiasme est pour rien chez nous : aussi les Français, peuple avare par excellence, le répandent-ils avec une générosité qui n'a d''egale que leur versatilité.
  • Turgot, lettre à Du Pont (1773)
    C’est au public lisant et réfléchissant qu’il faut parler, c’est à lui qu’il faut plaire, lui et lui seul qu’il faut persuader ; toutes les flagorneries aux gens en place, tous les petits détours dont en s’enveloppe pour ne pas les choquer sont une perte de temps écartant du vrai but et ne réussissant même pas à faire sur eux l’impression qu’on s’est proposée.

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Commentaires

Vincent

Un commentaire sans rapport avec votre post : j'apprécie beaucoup la citation de Condorcet que vous citez, elle devrait être plus souvent méditée par les partisans des "Y'a qu'à" et "Faut qu'on" ou les nombreux brillants économistes des cafés du commerce. Seule ombre au tableau : il serait peut-être temps de changer de citation car sa qualité ne saurait justifier une si longue présence sur votre blog !

Jean-Marc

Notez que 2=4*0,5, si bien que si tous les sujets étaient également doués, et en faisant abstraction du risque, ces deux modes de rémunération ont la même "valeur espérée" pour chaque sujet.

Si j'ai bien compris les règles du jeu, je ne suis pas d'accord sur ce point. Si les valeurs espérées sont égales dans les deux cas, les sommes des quatre gains espérés sont aussi égaux, or ce n'est pas le cas. Dans le cas du tournoi, la somme totale versée est plus importante car on donne plus de poids au gain le plus élevé. Par exemple si les joueurs ont réussi 20, 30, 40 et 50 additions chacun, 100 dollars sont distribués dans le cas du tournoi, 70 dollars dans le cas du salaire "à la pièce".
Conclusion: Si je suis neutre au risque ET si j'ignore mon niveau relatif, alors je choisi le tournoi.
Peut-être que cette expérience démontre que les hommes sont meilleurs que les femmes en proba :=) (une interprétation plus conventionnelle est de lire le choix de la règle du jeu comme un arbitrage risque/espérence de gain, on en conclut bien sûr que l'aversion au risque des femmes est plus élevée). Et au passage on peut remarquer aussi que plus la variabilité des résultats est élevée, plus le choix du tournoi est avantageux.
Sur le papier (http://www.stanford.edu/~niederle/Women.Competition.pdf), page 7, l'auteur affirme pourtant que les gains attendus sont égaux, il y a peut-être un point qui m'a échappé.

Bernard Salanié

* Vincent : vous avez raison, je vais varier mes citations...
* Jean-Marc : honte à moi ! (et à Niederle et Vesterlund). Vous avez parfaitement raison ; si j'ai le meilleur score dans le tournoi, c'est que ce score est plus élevé que la moyenne, et donc ma valeur espérée n'est pas 0,5. Avec des joueurs neutres au risques et identiques, qui ont une probabilité F(n) de réussir au plus n additions, la comparaison est entre :

l'intégrale de 0,5 n f(n) pour le gain "à la pièce"

et l'intégrale de 2 n f(n) F(n)^3 pour le tournoi, puisque F(n)^3 est la probabilité de gagner le tournoi en ayant réussi n additions.

(en négligeant le caractère discret de n et les ex aequo). La deuxième intégrale est supérieure à la première, de la valeur de l'intégrale de F(n)*(1-F(n)^3) pour être précis. Et ce serait encore pire si on avait un grand nombre de joueur dans chaque groupe : alors la valeur espérée du tournoi tendrait vers le nombre d'additions justes le plus élevé humainement possible.

Sur le fond, cela ne change rien d'essentiel aux conclusions du papier : l'aversion pour le risque et l'"overconfidence" restent les déterminants du choix entre tournoi et salaire à la pièce. Mais puisque vous avez trouvé la page Web de Niederle, vous devriez lui envoyer un message lui signalant l'erreur...

Laurence de Sainte Lumière

L'opposition entre rémunération à la pièce et rémunération compétitive me semble bien caricaturale. Ne le prenez pas mal, mais cette expérience néglige le facteur politique. En effet, le travail des hommes et des femmes a toujours un cadre institutionnel. Et dans ce cadre, la productivité de quelqu'un est plus ou moins aussi importante que sa capacité à en faire la promotion.
Quelqu'un de moins productif qu'un autre peut ainsi mieux se vendre s'il courtise habilement ceux qui décident de son revenu. Et là, le sexisme qui ne rentre en fait pas en ligne de compte dans l'expérience citée par vos soins, joue. Pour éviter que des a priori sexistes puissent jouer, il faudrait que :

1/ que la rémunération valable des gens soit totalement basée sur une règle mécanique tel qu'énoncé dans le l'expérience, et soit donc exempte de toute subjectivité ;

2/ Que la productivité des uns et des autres soit totalement et instantanément physiquement mesurable. Sous peine de quoi, la rémunération sera basée non sur la productivité mais sur son interprétation (le jugement à la louche de votre chef) et/ou sa ré-interprétation (le marketing de votre propre productivité auprès de votre supérieur hiérarchique) ;-)

3/ Que l'information en matière de rémunérations ET de productivité soit totalement transparente dans le cadre de l'institution dans laquelle les gens travaillent. De sorte qu'une compétition sur la base de productivité de chacun puisse se développer. Sinon pourquoi les gens seraient ils animés d'un quelconque esprit de compétition s'ils ignorent exactement quelle est leur ratio productivité/salaire vis à vis de leur concurrent. Imaginez deux équipes de foot qui joueraint sans compter le score, elles se lacheraient certainement moins...

Inutile de dire que rares sont les entreprises ou administrations où sont respectées ces trois conditions... Et moins ces conditions sont respectées, plus la politique prévaudra et moins les rémunérations seront justes eu égard à la productivité de chacun.

Et donc pour finir, l'expérience menée par Niederle et Vesterlund est certes amusante mais sexe des gens n'apparaît que comme un produit de l'expérience pour expliquer le résultat. Rien ne permet de dire que c'est effectivement le sexe qui est déterminant pour expliquer le résultat. Qui me dit que les filles n'étaient pas plus enfants d'ouvriers que les garçons ? Et dans ce cas, qu'est ce qui joue, l'origine social ou le sexe ?
Une bonne expérience serait plutot d'intégrer le sexe comme une des hypothèses du modèle et non comme pseudo-explication après coup.

Les conclusions de Niederle et Vesterlund sont obtenus dans un contexte trop frustre. Bref, une petite expérience d'universitaires déconnectées de la réalité du monde du travail...

Cordialement,
Laurence de Sainte Lumère,
Le 9 août 2005.

François

Bonjour,

Il y a un papier dans Le Monde d'hier qui devrait vous faire sourire :

http://www.lemonde.fr/web/article/0,[email protected],36-678698,0.html

En rapport avec votre billet : en psychologie cognitive, il suffit parfois d'informer les candidats-test d'une expérience pour réduire la force des préjugés. Cela s'appliquerait parfaitement au test de compétitivité que vous décrivez ici.

Source : http://cognitivedaily.com/?p=88

Mouaif

Autre explication : les femmes ont un penchant pour les jeux à sommes positive (ie, travaiul et rémunération de groupe) et les homme les jeux de transfert - d'ou rému à la piece). En gros, les éleveuses contre les chasseurs...

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