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En exergue :

  • Frank Ramsey, "Truth and Probability" (1926)
    The highest ideal would be always to have a true opinion and be certain of it; but this ideal is more suited to God than to man.
  • Jules Bertaut, "1848 et la Seconde République" (1937)
    L'enthousiasme est pour rien chez nous : aussi les Français, peuple avare par excellence, le répandent-ils avec une générosité qui n'a d''egale que leur versatilité.
  • Turgot, lettre à Du Pont (1773)
    C’est au public lisant et réfléchissant qu’il faut parler, c’est à lui qu’il faut plaire, lui et lui seul qu’il faut persuader ; toutes les flagorneries aux gens en place, tous les petits détours dont en s’enveloppe pour ne pas les choquer sont une perte de temps écartant du vrai but et ne réussissant même pas à faire sur eux l’impression qu’on s’est proposée.

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Commentaires

Antoine belgodere

Pour vous rassurer, je viens d’apprendre ce soir que 64% des français considèrent que « la recherche de profits est favorable à la société » et que la « libre concurrence est favorable à la croissance et l’emploi ». C’est mieux que rien…
Source : http://www.jean-jaures.org/NL/191/Lesresultats.pdf

Econoclaste-SM

"j'espère au moins que personne ne me considère comme un fanatique"

Désolé, mais si j'en juge par une image qui nous été signalée récemment(et que nous n'avons pu nous empêcher de médiatiser comme il se doit), c'est le cas. Même si ce n'est pas à titre individuel...

http://econoclaste.org.free.fr/modules.php?op=modload&name=News&file=article&sid=147&mode=thread&order=0&thold=0

Econoclaste-SM

"un "non" qui ouvrira cette période de véritable débat qui n'a jamais vraiment eu lieu".

N'avez vous pas pensé la même chose après les présidentielles de 2002 ? Pour ma part, oui. Depuis, j'en ai tiré la conclusion qu'on peut toujours descendre plus bas...

En ce qui concerne la rhétorique TCLE, peut-être doit-on espérer que l'argumentaire de certains à ce sujet relève de la logique de Krugman "un mauvais discours pour faire passer de bonnes actions".

Avouez qu'il est difficile en France généralement, en ce moment en particulier, quand on est partisan du oui, de crier sur tous les toits qu'on est libéral. Et, j'insiste sur ce point, quel que soit le sens précis que l'on veut donner à ce terme.

Je ne sais pas pourquoi ces temps-ci "le passé d'une illusion" de Furet me fait violemment de l'oeil dans ma bibliothèque pour que je le relise...

Au fait, Bayrou, il est pas agrégé de lettres modernes ?

Bernard Salanié

Merci pour vos commentaires. Le poster anti-économistes est vraiment très joli ; je n'aurais jamais cru que même l'extrême-gauche paranoïaque puisse croire que nous avons tant de pouvoir !

Bayrou est agrégé de lettres classiques, mille excuses. C'est "sa" biographie d'Henri IV qui m'a trompé.

J'avoue que j'ai un peu de mal à réconcilier les résultats du sondage que cite Antoine avec le discours ambiant... mais ce ne serait pas la première fois que les politiques sont déconnectés de l'opinion, il me semble que c'est même une des raisons du non.

Quitte à horrifier encore plus de monde, le 21 avril 2002 m'a semblé être un micro-événement. Une platée d'imbéciles a voté pour Besancenot parce qu'il avait l'air plus cool que Jospin ; et Le Pen a eu un peu plus de votes que d'habitude "grâce" à la campagne des médias sur la criminalité. Après 4,4 millions de votes en 1988 (14,4% des suffrages exprimés) et 4,6 millions en 1995 (15,0%), il en a eu 4,8 millions (16,9%) en 2002. Ca ne m'a pas fait plaisir, loin de là ; mais je n'y ai pas vu le "raz-de-marée brun" qui a déclenché une hystérie collective entre les deux tours. Je vais encore me faire "lyncher avec une barre de fer", comme disent les médias...

Milan

Si vous ne voyez "plus très clair" alors le principe de précaution recommande que vous votiez "oui" Dimanche car les conséquences d'un tel vote (me) paraissent plus facilement anticipables (une VPN positive comme vous l'avez montré) que celles d'un vote négatif qui pourraient - hypothèse peu probable mais plausible - aller jusqu'au délitement des institutions européennes (la "valeur d'option" du "non" pourrait s'avérer négative!) :

"National governments, many of them in serious economic difficulty, might be tempted to seize on the unpopularity of the EU and ignore inconvenient edicts from Brussels. This process is well established for the euro. Germany and France have persistently breached the rules on budget deficits; deficits in Greece, Italy and Portugal are all soaring. This unravelling of EU discipline over the euro might spread to other areas." ("The great unravelling" dans The Economist du 21/04).

... Bon, si au contraire, vous souhaitez être réconforté dans votre choix initial (cohérent, contrairement au non-PS), vous pouvez aussi lire l'éditorial principal de cette semaine du même hebdomadaire ("A song for Europe") qui se conclut ainsi :

"A defeat for the constitution would not be the catastrophe that some Europhiles seem to think: life would go on, even in Brussels, and a Union that has lasted for almost half a century is surely strong enough to deal with the occasional rebuff from voters. If it responds by taking a pause for thought, it might even benefit."

Bernard Salanié

Ah, le principe de précaution... à manier avec précaution. En principe, il énonce que (loi Barnier de 1995) :

"l'absence de certitudes, compte tenu
des connaissances scientifiques et techniques
du moment, ne doit pas retarder
l'adoption de mesures effectives et proportionnées visant à prévenir un risque
de dommages graves et irréversibles à
l’environnement à un coût économiquement
acceptable".

Comme on le voit, c'est assez flou. Mais appliquons-le au TCE : nous ne savons pas bien quelles sont les conséquences possibles du oui et du non, prenons donc la décision qui évitera des dommages irréversibles à l'Europe (au sens de ses habitants, je suppose, pas de l'Union qui n'est qu'un moyen). Franchement, ça ne m'éclaire pas beaucoup...

Autre solution : la théorie de la prise de décision en ambiguïté, c'est-à-dire quand on ne connaît pas la loi de probabilité des conséquences possibles des deux votes. Une proposition populaire (Gilboa-Schmeidler) nous dirait alors de choisir la décision dont la pire distribution de conséquences possible est la moins mauvaise. Là, c'est clair : je ne peux pas totalement exclure (on me l'a assez seriné) que le "non" conduise finalement à la guerre en Europe ; et je crois que je peux raisonnablement l'exclure (et encore...) si le "oui" l'emporte. Donc je vote "oui". Ce raisonnement vous séduit, vous ?

econoclaste-alexandre

Il n'est pas certain que cette optique soit très satisfaisante dans le cas du vote individuel, qui n'a qu'une influence infinitésimale sur l'issue de l'élection. la probabilité que le vote qu'on effectue évite une issue très défavorable (qui elle même a une faible probabilité d'occurence, même si on le la connaît pas) est de ce fait dérisoire.
Tellement dérisoire que toute autre action que l'on effectue au lieu d'aller voter et qui contribue à éviter cette issue défavorable (par exemple discuter avec un européen d'un autre pays que le sien) est préférable au fait d'aller voter. En toute rigueur, il semble donc difficile d'appliquer ce critère au vote.

Si l'on en croit les théoriciens qui ont étudié le paradoxe du vote, les gens déclarent aller voter avec la motivation suivante : ils pensent que s'ils ne vont pas voter, ceux qui pensent comme eux décideront eux aussi de ne pas aller voter. Ce raisonnement est tellement inscrit que les électeurs du matin pensent avoir plus "d'influence" que les électeurs du soir. Cela peut sembler irrationnel, mais cela nous rappelle que le vote est avant tout un rituel collectif. Lorsqu'on ne sait pas trop pour quoi voter, il reste donc la possibilité de se poser la question en ces termes : "qu'est-ce que les gens qui pensent comme moi d'habitude vont faire?". Ce n'est, après tout, pas une si mauvaise règle de décision.

Bernard Salanié

C'est une règle heuristique simple... qui me conduirait clairement vers le oui. La mienne ressemble plus à l'impératif catégorique kantien :

"Agis uniquement d’après la maxime qui fait que tu peux vouloir en même temps qu’elle devienne une loi universelle".

Elle résoud également le paradoxe du vote (puisqu'elle confère à mon vote un poids virtuel énorme), mais pas ce problème de choix particulier.

Milan

J'ai employé le terme "principe de précaution" de façon un peu journalistique, un peu à la légère.

En fait l'idée que j'avais derrière la tête était très simplement celle d'un calcul d'espérance : choisir le vote dont l'espérance de gains est la plus élevée (éventuellement en surpondérant les pires scénarii).
Or vos doutes peuvent s'interpréter comme une baisse de l'espérance de gains associée au rejet du TECE... et peuvent donc vous amener à modifier votre choix de vote.

Le calcul d'espérance néglige certes votre argument sur l'irréversibilité du TECE : il me semble en effet, comme Eric l'a déjà fait remarqué, que des options risquent aussi d'être perdues en cas de rejet du TECE.

NB : Merci pour votre argumentaire intéressant sur le vote de demain.

François

A propos du modèle social français et de son articulation avec ce que propose l'UE, Le Débat a publié de mois-ci un entretien intéressant avec Pascal Lamy, et Daniel Vaughan-Whitehead vient de publier "L'Europe sociale" aux études de la Doc Française.

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