<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<?xml-stylesheet href="http://feeds.feedburner.com/~d/styles/atom10frenchfull.xsl" type="text/xsl" media="screen"?><?xml-stylesheet href="http://feeds.feedburner.com/~d/styles/itemcontent.css" type="text/css" media="screen"?><feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:thr="http://purl.org/syndication/thread/1.0" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#">
    <title>L'économie sans tabou</title>
    
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/" />
    <id>tag:typepad.com,2003:weblog-140304</id>
    <updated>2007-07-23T11:12:15-04:00</updated>
    <subtitle>Les commentaires d'un économiste sur l'actualité et les problèmes économiques.</subtitle>
    <generator uri="http://www.typepad.com/">TypePad</generator>
    <geo:lat>40.812665</geo:lat><geo:long>-73.95499</geo:long><link rel="self" href="http://feeds.feedburner.com/EconomieSansTabou" type="application/atom+xml" /><feedburner:feedFlare xmlns:feedburner="http://rssnamespace.org/feedburner/ext/1.0" href="http://www.newsgator.com/ngs/subscriber/subext.aspx?url=http%3A%2F%2Ffeeds.feedburner.com%2FEconomieSansTabou" src="http://www.newsgator.com/images/ngsub1.gif">Subscribe with NewsGator</feedburner:feedFlare><feedburner:feedFlare xmlns:feedburner="http://rssnamespace.org/feedburner/ext/1.0" href="http://www.rojo.com/add-subscription?resource=http%3A%2F%2Ffeeds.feedburner.com%2FEconomieSansTabou" src="http://blog.rojo.com/RojoWideRed.gif">Subscribe with Rojo</feedburner:feedFlare><feedburner:feedFlare xmlns:feedburner="http://rssnamespace.org/feedburner/ext/1.0" href="http://www.bloglines.com/sub/http://feeds.feedburner.com/EconomieSansTabou" src="http://www.bloglines.com/images/sub_modern11.gif">Subscribe with Bloglines</feedburner:feedFlare><feedburner:feedFlare xmlns:feedburner="http://rssnamespace.org/feedburner/ext/1.0" href="http://www.netvibes.com/subscribe.php?url=http%3A%2F%2Ffeeds.feedburner.com%2FEconomieSansTabou" src="http://www.netvibes.com/img/add2netvibes.gif">Subscribe with Netvibes</feedburner:feedFlare><feedburner:feedFlare xmlns:feedburner="http://rssnamespace.org/feedburner/ext/1.0" href="http://fusion.google.com/add?feedurl=http%3A%2F%2Ffeeds.feedburner.com%2FEconomieSansTabou" src="http://buttons.googlesyndication.com/fusion/add.gif">Subscribe with Google</feedburner:feedFlare><feedburner:feedFlare xmlns:feedburner="http://rssnamespace.org/feedburner/ext/1.0" href="http://www.pageflakes.com/subscribe.aspx?url=http%3A%2F%2Ffeeds.feedburner.com%2FEconomieSansTabou" src="http://www.pageflakes.com/ImageFile.ashx?instanceId=Static_4&amp;fileName=ATP_blu_91x17.gif">Subscribe with Pageflakes</feedburner:feedFlare><feedburner:feedFlare xmlns:feedburner="http://rssnamespace.org/feedburner/ext/1.0" href="http://add.my.yahoo.com/content?lg=fr&amp;url=http%3A%2F%2Ffeeds.feedburner.com%2FEconomieSansTabou" src="http://us.i1.yimg.com/us.yimg.com/i/us/my/bn/intatm_fr_1.gif">Subscribe with Mon Yahoo!</feedburner:feedFlare><entry>
        <title>De Zermelo, Dupin et Chinook</title>
        <link rel="alternate" type="text/html" href="http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/2007/07/de-zermelo-dupi.html" />
        <link rel="replies" type="text/html" href="http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/2007/07/de-zermelo-dupi.html" />
        <id>tag:typepad.com,2003:post-36801760</id>
        <published>2007-07-23T11:12:15-04:00</published>
        <updated>2008-02-23T14:09:34-05:00</updated>
        <summary>Je n'ai jamais beaucoup aimé les jeux de société ; mais j'ai fait semblant de m'intéresser au go, dont la symétrie et les possibilités infinies me plaisaient. Je rejoignais ainsi la philosophie de Dupin, le personnage de détective créé par...</summary>
        <author>
            <name>Bernard Salanié</name>
        </author>
        <category scheme="http://www.sixapart.com/ns/types#category" term="Economie" />
        
        
<content type="html" xml:lang="fr-FR" xml:base="http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/">
&lt;div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Je n'ai jamais beaucoup aimé les jeux de société ; mais j'ai fait semblant de m'intéresser au go,
dont la symétrie et les possibilités infinies me plaisaient. Je rejoignais ainsi 
la philosophie de Dupin, le personnage de détective créé par Edgar Allan Poe.
Vers le début de &lt;em&gt;Double assassinat dans la rue Morgue&lt;/em&gt; (&lt;a href="http://fr.wikisource.org/wiki/Double_Assassinat_dans_la_rue_Morgue"&gt;traduit par Baudelaire&lt;/a&gt;),
Dupin proclame la supériorité du
jeu de dames&amp;nbsp; sur les&amp;nbsp; échecs :

&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;
[...] la haute puissance de la réflexion est bien plus activement et plus profitablement exploitée par le modeste jeu de dames que par toute la laborieuse futilité des échecs. Dans ce dernier jeu, où les pièces sont douées de mouvements divers et bizarres, et représentent des valeurs diverses et variées, la complexité est prise – erreur fort commune – pour de la profondeur. L’attention y est puissamment mise en jeu. Si elle se relâche d’un instant, on commet une erreur, d’où il résulte une perte ou une défaite. Comme les mouvements possibles sont non seulement variés, mais inégaux en puissance, les chances de pareilles erreurs sont très multipliées ; et dans neuf cas sur dix, c’est le joueur le plus attentif qui gagne et non pas le plus habile. Dans les dames, au contraire, où le mouvement est simple dans son espèce et ne subit que peu de variations, les probabilités d’inadvertance sont beaucoup moindres, et l’attention n’étant pas absolument et entièrement accaparée, tous les avantages remportés par chacun des joueurs ne peuvent être remportés que par une perspicacité supérieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
Pour laisser là ces abstractions, supposons un jeu de dames où la totalité des pièces soit réduite à quatre dames, et où naturellement il n’y ait pas lieu de s’attendre à des étourderies. Il est évident qu’ici la victoire ne peut être décidée, – les deux parties étant absolument égales, – que par une tactique habile, résultat de quelque puissant effort de l’intellect. Privé des ressources ordinaires, l’analyste entre dans l’esprit de son adversaire, s’identifie avec lui, et souvent découvre d’un seul coup d’œil l’unique moyen – un moyen quelquefois absurdement simple – de l’attirer dans une faute ou de le précipiter dans un faux calcul.
&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;

Hélas, trois fois hélas, &lt;a href="http://www.aaai.org/AITopics/html/checkers.html"&gt;
le champion du monde de dames est désormais battu par l'ordinateur&lt;/a&gt;.... reste le go,
et il y a encore une assez grande marge de ce côté-là. Mais. chose plus intéressante,
le chercheur qui a programmé l'ordinateur a également démontré que deux joueurs de dames parfaitement
rationnels ne pouvaient aboutir qu'à un match nul. Que les aficionados se rassurent : il ne s'agit que du jeu de checkers, nos dames à nous sont bien plus complexes... mais c'est l'occasion pour moi d'aborder le théorème de Zermelo. 
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
Revenons en arrière, à 1913. A l'époque, la théore des jeux, qui est devenue
un outil fondamental dans les sciences sociales, n'existait pas encore ; mais
plusieurs mathématiciens s'intéressaient à l'étude des situations de jeu, comme
&lt;a href="&amp;quot;http://www.bibmath.net/bios/index.php3?action=affiche&amp;amp;quoi=borel"&gt; Emile
Borel&lt;/a&gt; en France. Après tout, la théorie des probabilités a pris naissance&amp;nbsp; avec
les jeux de
société...&amp;nbsp; &lt;a href="http://serge.mehl.free.fr/chrono/Zermelo.html"&gt;
Un autre mathématicien&lt;/a&gt;,&amp;nbsp; allemand celui-là, fut conduit par ses préoccupations de logicien
à formuler&amp;nbsp; ce que les théoriciens des jeux connaissent aujourd'hui comme
le &lt;em&gt;théorème de Zermelo&lt;/em&gt; :

&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;
Tout jeu fini à deux joueurs et à somme nulle admet un nombre V et un couple de
stratégies tel que :
&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;le premier joueur peut s'assurer un gain au moins égal à V s'il joue la première de ces deux stratégies &lt;br /&gt;
&lt;/li&gt;

&lt;li&gt; symétriquement, le second joueur peut s'assurer un gain au au moins égal à -V s'il joue la seconde stratégie.
&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;

Tout ceci peut paraître bien éloigné de Dupin et de ses dames. Mais le jeu de dames se joue à deux joueurs ; et il est à somme nulle
puisque le gain d'un joueur est la perte de l'autre---au moins si nous convenons que&amp;nbsp; ma perte me peine autant que
votre gain vous satisfait, et qu'un match nul nous laisse tous deux au juste milieu de ces deux extrêmes. (Imaginez que celui qui gagne prend un euro au perdant, et que personne ne doit rien
à personne en cas de nullité).
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
Un jeu fini est par définition un jeu&amp;nbsp; qui ne peut pas engendrer un nombre infini de parties. Si nous laissions deux ordinateurs jouer aux dames au hasard (mais selon les règles !), ils finiraient par épuiser toutes les parties possibles.
Pour cela, il faut que dans chaque situation donnée dans une partie, le nombre de coups possibles soit fini. C'est évidemment le cas aux dames, comme au go ou aux échecs.
Il faut ensuite que le nombre de coups successifs soit limité. C'est le cas aux
échecs de par &lt;a href="http://www.chessvariants.com/d.chess/echec.html"&gt;la règle de non-répétition de situation&lt;/a&gt; ; et le jeu
de dames &lt;a href="http://www.ffjd.fr/Web/index.php?page=reglesdujeu"&gt;
a une règle très semblable&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
Qu'est ce qu'une stratégie pour un joueur de dames ? C'est simplement la liste complète&amp;nbsp; des coups qu'il jouera dans toute situation possible du jeu, les plus probables (par exemple le premier coup s'il a le trait) comme les moins probables (si par exemple il a six dames et son opposant n'a plus qu'un pion). Personne ne joue ainsi, bien sûr, sauf peut-être à des jeux élémentaires comme le tic-tac-toe ; mais c'est un concept bien défini, une sorte de plan d'action complet, ou une liste complète d'instructions pour un ordinateur très bête.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
Le théorème nous indique donc la chose suivante : il existe un nombre V (soit 1, 0 ou -1, correspondant au gain de 1 dollar, à une nulle ou à la perte de 1 euro par les blancs) et un programme pour l'ordinateur-blanc et un pour l'ordinateur-noir tels que :
&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;les blancs se garantissent un gain au moins égal à V,&amp;nbsp; quoi que les noirs fassent ;
&lt;/li&gt;

&lt;li&gt; et&amp;nbsp; les&amp;nbsp; noirs se garantissent une perte&amp;nbsp; au plus égale à V,&amp;nbsp; quoi que les blancs fassent.
&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;
&amp;quot;Bien sûr&amp;quot;, me direz-vous, &amp;quot;les blancs peuvent toujours se garantir la perte d'un euro (V=-1) en jouant n'importe comment, et ibidem pour les noirs&amp;quot;. Certes !&amp;nbsp; Mais regardez bien les deux clauses ci-dessus, en remplaçant V par -1 : si les blancs se garantissent un gain au moins égal à -1 (ce qui n'est effectivement pas difficile), les noirs doivent&amp;nbsp; se garantir une perte au plus égale à -1, soit un gain au moins égal à 1, quoi que les blancs fassent ; et c'est une autre paire de manches ! Ce que &lt;a href="http://www.cs.ualberta.ca/~jonathan/"&gt;Jonathan Schaeffer&lt;/a&gt; et ses ordinateurs ont démontré, c'est que V=0 aux dames (enfin, aux &lt;em&gt;checkers&lt;/em&gt;).&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pour ce faire, ils ont suivi une méthode &amp;quot;simple&amp;quot;:&lt;/p&gt;

&lt;ol&gt;&lt;li&gt;ils ont analysé par ordinateur les quelques 39 000 milliards de positions possibles quand il ne reste plus que dix pièces au plus ;&lt;/li&gt;

&lt;li&gt;ils ont classé ces positions dans trois catégories : celles qui conduisaient à un gain des blancs (1), à un nul (0), à un gain des noirs (-1) ;&lt;/li&gt;

&lt;li&gt;puis ils ont montré (en aidant subtilement l'ordinateur) que des joueurs qui ne feraient jamais d'erreur ne pourraient aboutir qu'à l'une des positions à dix pièces (ou moins) étiquetées 0.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;br /&gt;

&lt;p&gt;...et, &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Dernier_th%C3%A9or%C3%A8me_de_Fermat"&gt;comme l'eût dit Fermat,&lt;/a&gt; 
&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;
cujus rei demonstrationem mirabilem sane detexi. Hanc blogis exiguitas non caperet.
&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; Ceci dit, je peux vous offrir une démonstration simple du théorème de Zermelo. Remarquez d'abord qu'il est évidemment vrai... pour tous les jeux à un seul coup. Je ne sais pas si un jeu en un seul coup mérite vraiment le nom de jeu, mais le joueur (unique !) peut bien sûr s'assurer le gain de la partie, ou plus généralement le gain maximal. 
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 
Supposez maintenant que le théorème s'applique à tous les jeux à m coups, quels que soient leurs règles, leur support, etc. Si par exemple m=9, le tic-tac-toe serait contenu dans cette catégorie, avec quantité d'autres jeux.&amp;nbsp; Pour les dames et les échecs, m devra être très grand ; peu importe, puisque nous savons déjà que le théorème marche pour m=1, et que nous allons utiliser la force merveilleuse du raisonnement par récurrence. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Soit donc maintenant un jeu quelconque à&amp;nbsp; (m+1) coups et concentrons-nous sur le premier coup du jeu. Quel que soit le coup c choisi par le joueur qui a le trait au début du jeu (disons les blancs), il amènera le second joueur (les noirs) au début d'un jeu à m coups. Ce jeu entre par hypothèse dans la catégorie zermeliste ; il existe donc un nombre V(c) et deux stratégies dans ce jeu qui, etc. Supposons, assez naturellement,q ue les blancs choisissent le coup (ou un des coups) c=d pour lequel leur gain garanti V(c) est le plus élevé. Prenons maintenant la stratégie des blancs qui consiste à&lt;/p&gt;

&lt;ol&gt;&lt;li&gt;jouer d au premier coup&lt;/li&gt;

&lt;li&gt;puis jouer dans la suite la stratégie dont le théorème de Zermelo nous garantit l'existence dans le jeu qui suit d&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;

&lt;p&gt;et la stratégie des noirs qui est simplement celle&amp;nbsp; &amp;nbsp;dont le théorème de Zermelo nous garantit l'existence dans le jeu qui suit d.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il doit être maintenant clair que V(d), avec ces deux stratégies, remplissent les conditions du théorème pour le nouveau jeu à (m+1) coups. Le théorème s'applique à m=1, donc à m+1=2 ; à m=2, donc à&amp;nbsp; m+1=3...et de proche en proche, il s'applique aux jeux de&amp;nbsp; dames et de checkers comme aux échecs ou au go. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
Mais que devraient jouer des joueurs de dames rationnels ? Ce qu'on peut dire, c'est que les stratégies du théorème sont un équilibre de Nash. Supposez par exemple que les noirs annoncent qu'ils joueront leur stratégie du théorème de Zermelo, qui leur garantit une nulle quoi que les blancs fassent. Que peuvent faire les blancs ? Pas gagner, puisque les noirs perdraient, ce qui contredirait le théorème (amendé par Schaeffer). Ils peuvent perdre, bien sûr ; mais le théorème leur indique une stratégie qui leur garantit aussi la nulle. Ils n'ont donc rien de mieux à faire que d'adopter cette stratégie ; et symétriquement pour les noirs. Le théorème de Zermelo suggère donc, en corollaire, un plan d'action&amp;nbsp; simple (et très ennuyeux, mais heureusement d'application un peu lourde) :&amp;nbsp; annoncer la stratégie de Zermelo et aller se coucher !
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
Soit dit en passant, les jeux à somme nulle ne sont qu'un cas (très) particulier, et c'est celui qui offre le moins d'intérêt pour les économistes : un jeu à somme nulle exclut toute possibilité de coopération, de collusion, de coordination, etc. Mais c'est une autre histoire...
&lt;/p&gt; 

&lt;/div&gt;
</content>


    </entry>
    <entry>
        <title>L'autonomie des universités</title>
        <link rel="alternate" type="text/html" href="http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/2007/07/lautonomie-des-.html" />
        <link rel="replies" type="text/html" href="http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/2007/07/lautonomie-des-.html" />
        <id>tag:typepad.com,2003:post-36101142</id>
        <published>2007-07-04T06:06:29-04:00</published>
        <updated>2008-02-23T07:27:32-05:00</updated>
        <summary>Le Figaro m'a demandé un article sur ce vaste problème, du point de vue "américain". Voici le résultat (j'ai essayé de convaincre la direction du journal que la photo de Norah Jones en couverture du supplément constituait un acte de...</summary>
        <author>
            <name>Bernard Salanié</name>
        </author>
        <category scheme="http://www.sixapart.com/ns/types#category" term="Actualité" />
        
        
<content type="xhtml" xml:lang="fr-FR" xml:base="http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/">
<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p><em>Le Figaro</em> m'a demandé un article sur ce vaste problème, du point de vue "américain". Voici <a href="http://www.lefigaro.fr/debats/20070704.FIG000000045_la_liberte_de_recrutement_est_un_complement_necessaire_de_l_autonomie.html">le résultat</a> (j'ai essayé  de convaincre la direction du journal que la photo de Norah Jones en couverture du supplément constituait un acte de concurrence déloyale...en vain malheureusement).</p></div>
</content>


    </entry>
    <entry>
        <title>La concurrence à reculons</title>
        <link rel="alternate" type="text/html" href="http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/2007/06/la-concurrence-.html" />
        <link rel="replies" type="text/html" href="http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/2007/06/la-concurrence-.html" thr:count="0" />
        <id>tag:typepad.com,2003:post-35802482</id>
        <published>2007-06-29T18:19:48-04:00</published>
        <updated>2008-02-23T05:09:07-05:00</updated>
        <summary>Je rouvre ce blog avec deux amendements : Je proclame résolument son caractère épisodique, parfaitement incompatible avec un rythme régulier de publication. Plutôt que de réagir au jour le jour à l'actualité, je préfère mettre en ligne un texte raisonnablement...</summary>
        <author>
            <name>Bernard Salanié</name>
        </author>
        <category scheme="http://www.sixapart.com/ns/types#category" term="Concurrence et régulation" />
        
        
<content type="html" xml:lang="fr-FR" xml:base="http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/">
&lt;div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"&gt;&lt;p&gt;Je rouvre ce blog avec deux amendements : &lt;/p&gt;

&lt;ol&gt;&lt;li&gt;Je proclame résolument son caractère épisodique, parfaitement incompatible avec un rythme régulier de publication.&amp;nbsp; Plutôt que de réagir au jour le jour à l'actualité,&amp;nbsp; je préfère mettre en ligne un texte raisonnablement réfléchi et documenté quand j'en aurai l'occasion. Je me permets donc de vous suggérer de vous abonner à un feed---ce sera moins frustrant que de rendre visite à ce site régulièrement (on m'a déjà signalé plusieurs cas de privation aiguë).&lt;/li&gt;

&lt;li&gt;Après avoir pesé le pour et le contre, j'ai décidé d'interdire les commentaires sur ce blog. Dans mon expérience, ils ouvrent souvent des débats peu productifs où je me laisse entraîner malgré mon caractère notoirement placide. On me suggère aussi souvent de nouveaux sujets de billets que je promets de traiter, ce que je ne fais que rarement. En supprimant le commentaire,je supprime la frustration et renforce donc le point 1. Avouez que tout ceci est bien pensé...&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;

&lt;p&gt;&lt;em&gt;Partibus factis, verba fecit Bernardus&lt;/em&gt;. Ce qui me motive aujourd'hui est l'ouverture de la distribution d'électricité et de gaz aux particuliers le 1er juillet, qui se transforme&amp;nbsp; en une espèce de pantalonnade semi-organisée.&amp;nbsp; &amp;nbsp;Le côté pantalonnade a un premier aspect, évident :&amp;nbsp; le nombre d'abonnés qui quitteront le tarif réglementé d'EdF ne dépassera sans doute pas&amp;nbsp; le millier au 1er juillet. Il y en a d'autres, sur lesquels je reviendrai. Pourquoi &amp;quot;organisée ?&amp;quot; Tout simplement parce qu'après avoir traîné les pieds pendant des années sur la mise en oeuvre d'une dérèglementation dont ils avaient accepté le principe il y a bien longtemps, les gouvernements français successifs l'ont gaiement sabotée. Et &amp;quot;semi&amp;quot;, parce qu'ils y ont été aidé par la divine surprise de l'envolée des prix des énergies fossiles, qui a rendu l'offre (nucléaire) d'EdF à peu près&amp;nbsp; imbattable. Tôt dans ce processus, les associations de consommateurs (jamais de grands soutiens de la concurrence en France, l'avez-vous remarqué ?) ont&amp;nbsp; invité les consommateurs à rester au tarif réglementé. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Imbattable, disais-je, parce qu'EdF garde le monopole de la production d'énergie nucléaire sur le territoire français. On aurait pu allouer une partie de ses capacités de production à des concurrents, qui auraient constitué une alternative crédible ; mais il ne semble pas que ç'ait jamais été sérieusement envisagé. On aurait aussi pu obliger EdF à vendre une partie de sa production à des distributeurs concurrents, à des tarifs régulés par la &lt;a href="http://www.cre.fr/"&gt;Commission de Régulation de l'Energie&lt;/a&gt; (CRE) plutôt qu'au prix du marché. Ces solutions n'étaient pas forcément bonnes ; mais en tout état de cause, EdF dispose aujourd'hui d'un avantage considérable en ce qui concerne le coût de production de l'électricité en France. C'est au point que pour préserver la notion de plus en plus douteuse que le marché résidentiel est vraiment ouvert à la concurrence, EdF a de soi-même décidé de vendre de l'électricité à bas prix à certains de ses concurrents...&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les évolutions du prix des énergies fossiles s'imposent à tous les acteurs de ce dossier ; en revanche, la façon dont la concurrence a été encadrée en France mérite un peu plus de publicité.&amp;nbsp; Retour en arrière. Je cite la CRE : &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&amp;quot;L’ouverture du marché français de l’électricité a connu plusieurs étapes : &lt;/p&gt;

&lt;p&gt; -&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;à partir de juin 2000, éligibilité de tous les sites ayant une consommation annuelle d’électricité &lt;br /&gt;supérieure à 16 GWh. &lt;br /&gt;-&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;à partir de février 2003, éligibilité de tous les sites ayant une consommation annuelle &lt;br /&gt;d’électricité supérieure à 7 GWh. &lt;br /&gt;-&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;à partir de juillet 2004, éligibilité de toutes les entreprises et collectivités locales.&amp;quot;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;...et, à partir du 1er juillet 2007 donc, éligibilité des résidences privées. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les 4,7 millions de sites (abonnés)&amp;nbsp; qui sont déjà éligibles (pre-2007) pouvaient choisir de rester au &amp;quot;tarif réglementé&amp;quot;, soit, dans la très grande majorité des cas, le tarif---en fait un catalogue de tarifs assez complexe---arrêté par le gouvernement français. La plupart l'ont fait. Seuls 15% (qui ne représentent que 6% de la consommation d'électricité sur ce segment du marché)&amp;nbsp; ont abandonné le tarif réglementé. C'était en principe une décision définitive : un abonné qui optait pour un fournisseur &amp;quot;de marché&amp;quot;&amp;nbsp; (qui pouvait d'ailleurs être EdF) n'avait plus le droit de revenir au tarif réglementé. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;On conviendra que c'est une curieuse forme de concurrence... l'opérateur historique (pour l'essentiel EdF), qui se trouve également avoir l'Etat français pour actionnaire majoritaire, propose un tarif réglementé fixé par les responsables du même Etat français, lequel a aussi souscrit à l'objectif final de disparition dudit tarif réglementé, dérégulation européenne oblige.&amp;nbsp; Comme si cela ne suffisait pas, cette disparition (plus ou moins) programmée du tarif réglementé est l'argument---parfaitement logique---qui sous-tend le caractère irréversible du choix d'un tarif de marché pour l'abonné.&amp;nbsp; On voit que toutes les conditions sont réunies pour&amp;nbsp; que la concurrence se développe ! &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Histoire de simplifier les choses, l'irréversible a en France une demi-vie assez courte---on l'avait déjà vu quand l'Etat a remboursé aux acquéreurs des licences UMTS une bonne part de leur chèque. Après l'augmentation des prix des énergies fossiles,&amp;nbsp; les entreprises&amp;nbsp; qui avaient opté pour le marché ont vu leurs factures d'électricité augmenter. Le Parlement, dans sa grande magnanimité, a voté la loi TaRTAM (joli, non ?). Je cite toujours la CRE :&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&amp;quot;La loi du 7 décembre 2006 induit un nouveau choix pour le client. Les clients ayant souscrit une offre de marché peuvent, en effet, demander à leur fournisseur de bénéficier du tarif réglementé transitoire d’ajustement de marché (TaRTAM), pendant une durée maximale de deux ans. Cette demande peut être formulée depuis le 3 janvier 2007 jusqu’au 1er juillet 2007. Le TaRTAM est égal au tarif réglementé de vente hors taxes applicable à un site de consommation présentant les mêmes caractéristiques, majoré de 23 % pour les grands sites, 20 % pour les sites moyens et 10 % pour les petits sites.&amp;quot;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;C'est la parabole du fils prodigue, version républicaine : le bon père lui ouvre ses bras, mais seulement après qu'il a payé une amende. (On remarquera qu'on a bien pris soin d'interdire cette possibilité&amp;nbsp; aux particuliers).&lt;br /&gt; &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Dans cette histoire, l'absurdité de base est bien sûr le&amp;nbsp; maintien du tarif réglementé ; et le fait que de nombreux gouvernements européens aient fait le même choix ne le rend pas plus légitime. Plusieurs arguments circulent à ce sujet. La Cgt-énergie, par exemple,&amp;nbsp; &amp;nbsp;explique que les Français doivent toucher les dividendes (rendez-vous compte, la Cgt parle de dividendes maintenant !) des investissements consentis lors du choix du nucléaire. Soit, mais pourquoi par ce biais ? il y a quantité de moyens possibles de taxer EdF pour rétrocéder ces dividendes aux Français...Un autre argument est que les ménages les moins aisés doivent pouvoir bénéficier de l'électricité. Dans le cas du téléphone, ce problème a été traité à travers les obligations de service universel ; je ne vois pas bien pourquoi ce n'était pas possible pour l'électricité. Il y a aussi &amp;quot;l'énergie n'est pas une marchandise comme les autres&amp;quot;, mais passons--j'attends toujours qu'on me donne l'exemple d'une marchandise que chacun reconnaîtra comme étant &amp;quot;comme les autres&amp;quot;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En fait, les gouvernements français ont clairement décidé de satisfaire a minima aux obligations qu'ils ont acceptées à Bruxelles (&lt;a href="http://europa.eu.int/eur-lex/lex/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=CELEX:32003L0054:FR:HTML"&gt;directive 2003/54&lt;/a&gt;, pour ceux qui aiment ce genre de prose). Au vu de ce qui précède, vous pouvez vous demander comment ces minima même peuvent être atteints. Facile : &lt;/p&gt;

&lt;ol&gt;&lt;li&gt;les nouveaux occupants d'un logement ne pourront pas choisir le tarif réglementé si un occupant précédent a quitté ledit tarif (qu'en penseront les&amp;nbsp; propriétaires qui s'apercevront que leur locataire a ainsi flétri leur logement ? d'amusants litiges en perspective...)&lt;br /&gt; &lt;/li&gt;

&lt;li&gt;les logements neufs seront inéligibles au tarif réglementé sous peu.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;

&lt;p&gt;Ce n'est pas un secret (sauf peut-être pour 90% des Français), c'est marqué &lt;a href="http://www.energie-info.fr/pratique/comparer-offres#choix"&gt;là&lt;/a&gt;, sur le site www.energie-info.fr&amp;nbsp; que la CRE a contribué en mettre en place. L'histoire de ce site est assez intéressante en soit. L'annexe A de la directive sus-citée oblige les gouvernements signataires à informer les consommateurs. Je ne suis pas sûr qu'elle est vraiment été suivie à la lettre, mais l'esprit n'y est clairement pas : le site a été ouvert le 22 mai 2007, nous dit la CRE, mieux vaut tard que jamais ; et je n'y ai pas trouvé de comparateur de prix façon &lt;a href="http://www.energywatch.org.uk"&gt;site britannique&lt;/a&gt;.&amp;nbsp; &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Plus généralement, que voulons-nous faire dans le domaine de l'électricité ? Les choses ne sont pas vraiment différentes, en&amp;nbsp; première analyse,&amp;nbsp; de ce qu'elles sont sur les autres marchés : nous voulons que l'électricité soit produite de manière efficace et que son prix final (pour l'abonné) reflète sa rareté.&amp;nbsp; Le premier point&amp;nbsp; a une conséquence simple : EdF, si&amp;nbsp; elle conserve le monopole de la production&amp;nbsp; à base nucléaire, doit garder une place dominante sur le marché ; les autres producteurs ne peuvent que &amp;quot;faire l'appoint&amp;quot; quand les capacités nucléaires ne suffisent pas. Quand j'écris &amp;quot;les autres producteurs&amp;quot;, je gomme un point crucial : dans l'état actuel des choses,&amp;nbsp; EdF n'est que rarement à même de fournir la demande d'électricité en France à partir de son seul parc nucléaire, et doit donc aussi utiliser ses capacités &amp;quot;fossiles&amp;quot;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pourquoi est-ce crucial ? A cause du second desideratum, selon lequel le consommateur doit payer un prix qui reflète la rareté, ou, en termes techniques, le coût marginal de production de l'électricité là et (surtout) quand il la consomme. Comme EdF ne peut que rarement fournir le kWh marginal en nucléaire, le coût marginal de production est le plus souvent celui du fossile ; et il est nettement supérieur au tarif réglementé. Maintenir un tarif réglementé aussi bas incite les consommateurs français à acheter trop d'électricité, ce qui est inefficace. On réduirait cette inefficacité en acceptant qu'EdF augmente et modernise son parc nucléaire, puisqu'alors le kWh serait plus souvent nucléaire et donc bon marché.&amp;nbsp; Je ne sais pas si c'est dans les cartes ; mais en tout cas, cela coulerait toute possibilité de concurrence, en réduisant l'espace vital des producteurs fossiles. Se poserait alors la question du monopole d'EdF sur la production nucléaire, pour la raison habituelle qui veut que les monopoles non régulés (souvenons-nous que le tarif réglementé vit en principe ses dernières années) tendent à exploiter les consommateurs et à produire inefficacement. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Dernier point : l'ouverture du marché européen aux exportations d'EdF complique encore les choses ! Comme le kWh marginal en Europe est encore moins souvent nucléaire qu'en France, le prix d'équilibre sur un marché européen dérégulé&amp;nbsp; sera toujours très au-delà du coût de production marginal nucléaire d'EdF, ce qui accroîtra encore sa domination et ses profits.&amp;nbsp; &amp;nbsp; Cela risque d'être curieux à observer. Je renvoie à l'excellent, court et clair (et bon marché...) &lt;a href="http://www.amazon.fr/Electricit%C3%A9-faut-il-d%C3%A9sesp%C3%A9rer-du-march%C3%A9/dp/272880382X"&gt;texte de David Spector&lt;/a&gt; sur ce sujet. &lt;/p&gt;

&lt;/div&gt;
</content>


    </entry>
    <entry>
        <title>Je fais la pause</title>
        <link rel="alternate" type="text/html" href="http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/2007/05/je_fais_la_paus.html" />
        <link rel="replies" type="text/html" href="http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/2007/05/je_fais_la_paus.html" thr:count="29" thr:updated="2007-06-20T05:30:34-04:00" />
        <id>tag:typepad.com,2003:post-33799006</id>
        <published>2007-05-08T09:35:39-04:00</published>
        <updated>2008-02-22T15:16:16-05:00</updated>
        <summary>Il y aura bientôt trente mois que j'ai commencé à m'exprimer sur le Web, sous la forme d'un site non-interactif d'abord, puis de ce blog depuis un peu plus de deux ans. J'y ai posté 340 billets, soit un tous...</summary>
        <author>
            <name>Bernard Salanié</name>
        </author>
        <category scheme="http://www.sixapart.com/ns/types#category" term="Actualité" />
        
        
<content type="html" xml:lang="fr-FR" xml:base="http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/">
&lt;div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"&gt;
&lt;p style="margin-bottom: 0in;"&gt;Il y aura bientôt trente mois que
j'ai commencé à m'exprimer sur le Web, sous la forme
d'un site non-interactif d'abord, puis de ce blog depuis un peu plus
de deux ans.&amp;nbsp; &amp;nbsp;J'y ai posté 340 billets, soit un tous les deux
jours environ ; mais cette moyenne cache une tendance à la
baisse que vous avez bien sûr remarquée, ô fidèles
lecteurs. Il m'est de plus en plus difficile de maintenir mes
différentes activités de front : au-delà de ce
blog, enseignement, recherche, codirection de la &lt;a href="http://www.restud.com/"&gt;&lt;em&gt;Review of
Economic Studies&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, sans parler des livres que j'ai en
projet---conséquence paradoxale puisque c'est &lt;a href="http://bsalanie.blogs.com/lelivre.html"&gt;un livre&lt;/a&gt; qui a
été à l'origine de cette entreprise.&amp;nbsp; Le
résultat, outre un stress accru, est que maintenir ce blog à
niveau est parfois devenu moins un plaisir qu'un devoir, le plus souvent accompli&amp;nbsp; à des heures indues. J'ai donc décidé de
faire une pause, qui me permettra aussi de réfléchir à
la meilleure façon dont je peux contribuer à éclairer
le débat public---”be a Sprinkler of Light, a Dispenser of
Good”, comme dit &lt;a href="http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/2006/03/bravo_joel_.html"&gt;Joel&lt;/a&gt;. 
&lt;/p&gt;

&lt;p style="margin-bottom: 0in;"&gt;D'aucuns diront que ce blog était
une machine de guerre sarkozyste (parfois bien déguisée,
vous l'admettrez !) et que ma tâche accomplie, je peux
maintenant m'arrêter et en attendre les dividendes. Certes. Le
regretté Lino Ventura avait &lt;a href="http://phylacteres.skynetblogs.be/post/3701125/les-cons-ca-ose-tout--auteurs--lautner--chano"&gt;une réplique&lt;/a&gt; pour ces 
malotrus. En fait, j'avais déjà&amp;nbsp; pris la décision
de faire une pause au printemps dernier ; mais le&amp;nbsp; &lt;a href="http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/2006/04/dun_blogueur_in.html"&gt;classement des
blogs du &lt;em&gt;Monde&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, outre le “renforcement positif” qu'il m'a donné,
a aussi fait connaître mon blog (un peu) plus largement. A
l'époque, j'avais écrit que je me cantonnerais aux
sujets économiques. Cette bonne résolution s'est bien
sûr effritée à l'approche de l'élection
présidentielle, période par excellence où la
frontière entre économique et politique s'efface assez
largement. En tout état de cause, je m'étais promis de
faire une pause après le&amp;nbsp; second tour, et je me tiens parole,
une fois n'est pas coutume.&lt;/p&gt;

&lt;p style="margin-bottom: 0in;"&gt;Il y a du bon et du mauvais dans
l'expérience d'économiste-blogueur. Le bon, c'est&amp;nbsp; le
dialogue, qui permet à la fois d'apprendre quelles sont les
préoccupations du public éclairé (&lt;em&gt;vide&lt;/em&gt;
Turgot en exergue de ce blog), mais aussi de bénéficier de l'apport de
lecteurs qui en savent parfois plus que soi sur un sujet donné.
Le mauvais...c'est que le public de la blogosphère est dominé
par les blogomanes. Les blogomanes sont un échantillon assez
peu représentatif de la population, comme le montre le fait
qu'un tiers peut-être des commentaires (bons ou nuls, là
n'est pas la question) sur ce blog a été posté
par des multi-récidivistes. Beaucoup d'entre eux ont la
dactylographie nettement plus rapide que&amp;nbsp; la réflexion. (ou
l'orthographe !) Il m'est arrivé de penser, en les lisant,&amp;nbsp; au
mot de Samuel Johnson, à qui un interlocuteur reprochait de
lui avoir donné une explication obscure :&lt;/p&gt;
&lt;p style="margin-bottom: 0in;"&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p style="margin-bottom: 0in;"&gt;&lt;span lang="en-US"&gt;&lt;em&gt;L'interlocuteur :&lt;/em&gt; I
do not understand you, Sir.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style="margin-bottom: 0in;"&gt;&lt;span lang="en-US"&gt;&lt;em&gt;SJ&lt;/em&gt;: Sir,
I have found you an argument; but I am not obliged to find you an
understanding.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p style="margin-bottom: 0in;"&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style="margin-bottom: 0in;"&gt;&lt;span lang="en-US"&gt;Ceux
de mes billets qui ont suscité le plus de commentaires ont
invariablement été ceux qui se rapprochaient le plus du
politique. Rien de surprenant, sans doute ; mais mon blog s'est
parfois transformé en ring pour un combat de coqs (et, chose
plus grave, il m'est arrivé de descendre de mon Olympe pour me
mêler à ces débats). La solution consisterait 
peut-être&amp;nbsp; &lt;/span&gt; à filtrer les commentaires, en
n'autorisant leur publication que s'ils apportent quelque chose au
débat. Ce n'est pas très libéral, mais c'est mon
blog, après tout, pas un service public. Mais surtout, je n'ai
guère le temps de me livrer à cet exercice. 
&lt;/p&gt;
&lt;p style="margin-bottom: 0in;"&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style="margin-bottom: 0in;"&gt;J'ai
lu quelques livres et&amp;nbsp; articles intéressants sur les blogs, et
j'en ai rendu compte parfois ici-même. Le blog remplit souvent
une fonction de bloc-notes (&lt;em&gt;pace&lt;/em&gt; Mauriac) : on note ses
réflexions, et on en fait usage ensuite sous une forme plus
structurée. Dans ces 340 (maintenant 341) billets, il y a sans
doute matière à une &lt;em&gt;Economie sans tabou : le retour&lt;/em&gt;.
Stay tuned...&lt;/p&gt;
&lt;p style="margin-bottom: 0in;"&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style="margin-bottom: 0in;"&gt;Je
remercie tous mes lecteurs pour leur fidélité. Il y
avait une petite centaine de lecteurs au début, puis six cents
par jour en moyenne, avec des pointes proches de deux mille. Les
trois-quarts étaient en France bien sûr, mais en
regardant mes stats sur &lt;a href="http://www.statcounter.com"&gt;Statcounter&lt;/a&gt;, j'ai toujours été
frappé de votre dispersion géographique. Au-delà
des surprises un peu inquiétantes (comme le jour où un
lecteur s'est connecté du Waziristan...), la carte retrace
celle de la francophonie, avec des exceptions qui correspondent aux
endroits où des étudiants ou enseignants français
se sont installés : 5% de lecteurs aux Etats-Unis, 4% au
Royaume-Uni. J'ai eu des lecteurs sur tous les continents, et je les
salue tous. J'ai
reçu beaucoup de messages d'encouragement au cours de ces
trente mois, et je les ai uniformément appréciés.
Merci du fond du coeur de m'avoir accompagné dans cette
aventure. 
&lt;/p&gt;
&lt;p style="margin-bottom: 0in;"&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style="margin-bottom: 0in;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style="margin-bottom: 0in;"&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style="margin-bottom: 0in;"&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style="margin-bottom: 0in;"&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style="margin-bottom: 0in;"&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style="margin-bottom: 0in;"&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style="margin-bottom: 0in;"&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style="margin-bottom: 0in;"&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style="margin-bottom: 0in;"&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style="margin-bottom: 0in;"&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
</content>


    </entry>
    <entry>
        <title>Mon choix</title>
        <link rel="alternate" type="text/html" href="http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/2007/05/mon_choix.html" />
        <link rel="replies" type="text/html" href="http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/2007/05/mon_choix.html" thr:count="21" thr:updated="2007-05-20T09:48:06-04:00" />
        <id>tag:typepad.com,2003:post-33641822</id>
        <published>2007-05-04T00:37:58-04:00</published>
        <updated>2008-02-22T13:38:51-05:00</updated>
        <summary>J'ai déjà dit et répété tout le mal que je pensais du programme économique de Ségolène Royal. Je ne surprendrai donc personne en annonçant que je voterai pour Nicolas Sarkozy. Ceci n'entraîne pas adhésion à toutes ses idées, évidemment---voir les...</summary>
        <author>
            <name>Bernard Salanié</name>
        </author>
        <category scheme="http://www.sixapart.com/ns/types#category" term="Elections 2007" />
        
        
<content type="html" xml:lang="fr-FR" xml:base="http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/">
&lt;div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"&gt;&lt;p&gt;J'ai déjà dit et répété tout le mal que je pensais du programme économique de Ségolène Royal. Je ne surprendrai donc personne en annonçant que je voterai pour Nicolas Sarkozy. Ceci n'entraîne pas adhésion à toutes ses idées, évidemment---voir les épisodes précédents. Mais sur deux points absolument essentiels, il n'y a pas photo à mon sens.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le premier point concerne la lutte contre le chômage. J'ai tellement plaidé en faveur des allégements sur les charges&amp;nbsp; pesant sur les bas salaires que j'en suis psychologiquement enroué. Les politiques, quant à eux, n'ont eu de cesse que de reprendre par des alourdissements du Smic net horaire ce qui avait été gagné sur le coût du Smic. Celui-ci représente 55% du coût du salarié médian, aujourd'hui comme en 1992, avant les premiers allégements. Ségolène Royal a annoncé clairement sa volonté d'augmenter le Smic (elle a même dit qu'il s'agirait du Smic net---il y a incertitude sur ce point comme sur d'autres). Ses mesures anti-chômage ne sont vraiment pas crédibles. J'ai déploré sur ce blog que Nicolas Sarkozy n'ait pas donné à ces questions&amp;nbsp; une place suffisante&amp;nbsp; dans son programme ; mais au moins, il n'a&amp;nbsp; pas prévu dans ses propositions-phare une mesure qui ne peut qu'aggraver le chômage à moyen terme.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le second point a trait à la nécessité de réformer la Sécurité Sociale. C'est une question d'une extrême importance pour les années à venir, à la fois pour les retraites et pour l'assurance maladie. J'entends parler du &amp;quot;trou de la Sécu&amp;quot; depuis mon adolescence ;&amp;nbsp; et je comprends que ce sujet puisse lasser. Mais les tendances lourdes sont toujours les mêmes, et le système est de moins en moins soutenable. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pourquoi, au fait ? Pourquoi la France ne pourrait-elle pas choisir d'avoir le meilleur système de santé du monde et des retraites (en moyenne) très généreuses, le tout&amp;nbsp; financé par&amp;nbsp; des cotisations assises sur les salaires, ou d'ailleurs sur la valeur ajoutée (pas une bonne idée, mais passons) ? La simple raison est que les cotisations accroissent le coûts de production. Même s'il n'y avait pas le Smic, même si la France était seule au monde, ou protégée par des barrières douanières étanches, le pouvoir d'achat des salaires devrait baisser à mesure que les cotisations croissent pour financer les retraites d'une population vieillissante et des soins de plus en plus sophistiqués. De plus, nous avons un salaire minimum, plus coûteux pour les employeurs que dans la plupart des pays riches. En conséquence, la croissance des cotisations ne peut pas être absorbée par la baisse des salaires les plus faibles, et elle risque d'accroitre le chômage. La concurrence internationale ne fait qu'aggraver ce constat, bien sûr, à la fois par la pression qu'elle exerce sur les prix de nos produits et par la possibilité qu'elle offre à chacun de &amp;quot;voter avec ses pieds&amp;quot;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Or que lit-on sur ce point crucial dans le programme de Ségolène Royal ? Uniquement des propositions de nouvelles dépenses (assorties de l'inévitable &amp;quot;je réunirai les partenaires sociaux&amp;quot;---ce qui ne s'est jamais fait dans ce pays, l'ignoriez-vous ?). Sarkozy a aussi promis&amp;nbsp; de nouvelles dépenses ; mais il s'est aussi engagé à maintenir la loi Fillon, que Royal veut remettre en cause. Il n'y a pas de certitude, en ce domaine comme dans les autres, sur ce que ferait l'un ou l'autre une fois président(e).&amp;nbsp; Je présume très fortement cependant, au vu notamment des équilibres internes au PS, que la réforme majeure du système de financement de la protection sociale que j'appelle de mes voeux ne serait pas une priorité de l'action de Royal. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Tout n'est pas rose dans le programme de Sarkozy, même si on se&amp;nbsp; cantonne au domaine économique. J'ai été plusieurs fois sollicité par la presse au sujet de ses projets sur l'imposition des successions, que je crois mauvais---mais c'est un point assez mineur ; et Sarkozy a fait des promesses tout à fait inconsidérées sur une réduction de la dette publique qui irait de pair avec une baisse de quatre points du taux de prélèvements obligatoires. Mais &lt;em&gt;mané, thécel, pharès&lt;/em&gt;. &amp;quot;Au premier tour, on choisit ; au second, on élimine&amp;quot;, selon le dicton.&amp;nbsp; Déballons tout&amp;nbsp; : je n'ai choisi ni l'un ni l'autre au premier tour ; mais au second, je&amp;nbsp; n'ai guère de doute sur la candidate que je ne souhaite pas voir devenir &amp;quot;la France présidente&amp;quot;. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
</content>


    </entry>
    <entry>
        <title>Un blog énergétique</title>
        <link rel="alternate" type="text/html" href="http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/2007/05/un_blog_nergtiq.html" />
        <link rel="replies" type="text/html" href="http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/2007/05/un_blog_nergtiq.html" thr:count="4" thr:updated="2007-05-07T13:36:53-04:00" />
        <id>tag:typepad.com,2003:post-33616872</id>
        <published>2007-05-03T11:20:19-04:00</published>
        <updated>2008-02-22T13:28:41-05:00</updated>
        <summary>L'échange d'hier soir entre Royal et Sarkozy sur le nucléaire en France suggère qu'ils (surtout elle, soyons juste) auraient intérêt à se documenter. Voici une nouvelle source, vivement recommandée : le blog Energy Policy animé par plusieurs excellents spécialistes de...</summary>
        <author>
            <name>Bernard Salanié</name>
        </author>
        <category scheme="http://www.sixapart.com/ns/types#category" term="Concurrence et régulation" />
        
        
<content type="xhtml" xml:lang="fr-FR" xml:base="http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/">
<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>L'échange d'hier soir entre Royal et Sarkozy sur le nucléaire en France suggère qu'ils (surtout elle, soyons juste) auraient intérêt à se documenter. Voici une nouvelle source, vivement recommandée : le blog <a href="http://www.energypolicyblog.com/">Energy Policy</a> animé par plusieurs excellents spécialistes de la question. L'un d'entre eux, <a href="http://www.cerna.ensmp.fr/CVs/Leveque.htmlhttp://www.cerna.ensmp.fr/CVs/Leveque.html">François Lévêque</a>, est aussi l'auteur d'un très bon petit livre sur <a href="http://www.amazon.fr/Economie-r%C3%A9glementation-Fran%C3%A7ois-L%C3%A9v%C3%AAque/dp/2707142654/ref=sr_1_3/171-4925374-4925813?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1178205571&amp;sr=8-3">l'économie de la réglementation</a>.<br /> </p></div>
</content>


    </entry>
    <entry>
        <title>Le TCE bis (ou pas !)</title>
        <link rel="alternate" type="text/html" href="http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/2007/05/le_tce_bis_ou_p.html" />
        <link rel="replies" type="text/html" href="http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/2007/05/le_tce_bis_ou_p.html" thr:count="2" thr:updated="2007-05-03T07:31:52-04:00" />
        <id>tag:typepad.com,2003:post-33534652</id>
        <published>2007-05-01T13:59:07-04:00</published>
        <updated>2008-02-22T12:19:48-05:00</updated>
        <summary>J'ai plusieurs fois cité Richard Baldwin sur ce blog, et je m'en voudrais de ne pas attirer votre attention sur le billet qu'il publie aujourd'hui sur Telos-Eu. Comme souvent, je suis d'accord avec lui pour l'essentiel.</summary>
        <author>
            <name>Bernard Salanié</name>
        </author>
        <category scheme="http://www.sixapart.com/ns/types#category" term="Europe" />
        
        
<content type="xhtml" xml:lang="fr-FR" xml:base="http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/">
<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p>J'ai plusieurs fois cité Richard Baldwin sur ce blog, et je m'en voudrais de ne pas attirer votre attention sur <a href="http://www.telos-eu.com/2007/05/sur_lue_la_strategie_de_sarko.php">le billet qu'il publie aujourd'hui sur Telos-Eu</a>. Comme souvent, je suis d'accord avec lui pour l'essentiel. </p></div>
</content>


    </entry>
    <entry>
        <title>Un tournant sur les brevets</title>
        <link rel="alternate" type="text/html" href="http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/2007/05/un_tournant_sur.html" />
        <link rel="replies" type="text/html" href="http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/2007/05/un_tournant_sur.html" thr:count="6" thr:updated="2007-05-06T01:02:41-04:00" />
        <id>tag:typepad.com,2003:post-33520310</id>
        <published>2007-05-01T09:36:41-04:00</published>
        <updated>2008-02-22T12:32:17-05:00</updated>
        <summary>Je dois des excuses à mes lecteurs : mes absences sont de plus en plus longues et fréquentes (si la chose est mathématiquement possible !). J'ai rédigé un "op-ed piece" sur l'élection présidentielle qui finira sur ce blog avant le...</summary>
        <author>
            <name>Bernard Salanié</name>
        </author>
        <category scheme="http://www.sixapart.com/ns/types#category" term="Concurrence et régulation" />
        
        
<content type="html" xml:lang="fr-FR" xml:base="http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/">
&lt;div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"&gt;&lt;p&gt;Je dois des excuses à mes lecteurs : mes absences sont de plus en plus longues et fréquentes (si la chose est mathématiquement possible !). J'ai rédigé un &amp;quot;op-ed piece&amp;quot; sur l'élection présidentielle qui finira sur ce blog avant le second tour, c'est promis, que les&amp;nbsp; grands journaux anglophones le&amp;nbsp; publient ou non. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Mais pour aujourd'hui, un autre sujet, avec ce joli paragraphe de la Cour Suprême des Etats-Unis :&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&amp;quot;Granting patent protection to advances that would occur in the
ordinary course without real innovation retards progress and may, in
the case of patents combining previously known elements, deprive prior
inventions of their value or utility. The results of
ordinary innovation are not the subject of exclusive rights under the
patent laws. Were it otherwise patents might stifle, rather than
promote, the progress of useful arts.&amp;quot;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;De quoi s'agit-il ? de la validité d'un brevet---les détails importent peu, mais &lt;a href="http://www.law.com/jsp/article.jsp?id=1177936770561"&gt;voici un lien&lt;/a&gt; qui discute le fond et la forme.&amp;nbsp; Pour qu'une invention soit reconnue comme brevetable (ou, si elle l'a été, pour que le brevet soit validé par les tribunaux en cas de contestation), plusieurs conditions doivent être satisfaites. Elles sont énoncées différemment selon les pays, mais leur inspiration---au moins au niveau assez vague de la doctrine générale---est partout la même : une invention doit être nouvelle (évidemment), utile, et &amp;quot;pas évidente&amp;quot; (aux Etats-Unis : &amp;quot;not of an obvious nature&amp;quot;).&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Dans plusieurs domaines et notamment en ce qui concerne le logiciel, de nombreuses voix se sont élevées pour protester contre la prolifération des brevets dont la nature &amp;quot;non évidente&amp;quot; était rien moins qu'évidente. Je m'en suis fait l'écho &lt;a href="http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/2005/06/lautre_directiv.html"&gt;ici&lt;/a&gt;,&amp;nbsp; &lt;a href="http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/2005/07/les_brevets_log.html"&gt;ici&lt;/a&gt;&amp;nbsp; et&amp;nbsp; &lt;a href="http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/2006/07/les_brevets_log.html"&gt;là&lt;/a&gt;.&amp;nbsp; &amp;nbsp;Le caractère évident peut faire référence au &amp;quot;prior art&amp;quot;, c'est-à-dire au fait que le brevet&amp;nbsp; ne fait que codifier une pratique existante. Dans le cas présent, la Cour Suprême a estimé que le brevet portait sur une combinaison évidente de dispositifs préexistants et a donc déclaré le brevet invalide.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Je ne suis pas juriste ; mais il s'agit visiblement d'un changement important. La &amp;quot;comptabilité de la croissance&amp;quot; nous a démontré il y a longtemps (depuis Bob Solow en 1957) que les innovations rendaient compte de près de la moitié du progrès économique. Le rôle du droit de la propriété intellectuelle dans le processus d'innovation est évident...&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&amp;quot;Evident&amp;quot;, encore ce mot ! Corrigeons : en fait, il&amp;nbsp; n'est pas si facile de démontrer&amp;nbsp; que le progrès technologique aurait été bien moins rapide&amp;nbsp; &amp;nbsp;sans les brevets, tout simplement parce que le &amp;quot;contrefactuel&amp;quot; manque : nous ne disposons pas d'un monde parallèle où les inventions seraient immédiatement propriété commune. Les entreprises des pays riches se plaignent souvent de ce&amp;nbsp; que la Chine et d'autres pays d'Asie&amp;nbsp; constituent justement un tel univers, qui réduit le taux de rendement de leurs innovations. Mais il y a une différence importante&amp;nbsp; entre les idées et leur mise en oeuvre. Dans un contexte différent, les penseurs conservateurs, comme Michael Oakeshott dans son célèbre essai &lt;em&gt;Rationalism in Politics&lt;/em&gt;, ont beaucoup insisté là-dessus :&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;In the arts and in natural science what normally happens is that the pupil, in being taught and in learning the technique from his master, discovers himself to have acquired also another sort of knowledge than merely technical knowledge, without it ever having been precisely imparted and often without being able to say precisely what it is. Thus a pianist acquires artistry as well as technique, a chess-player style and insight into the game as well as a knowledge of the moves, and a scientist acquires (among other things) the sort of judgment which tells him when his technique is leading him astray and the connoisseurship which enables him to distinguish the profitable from the unprofitable directions to explore.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;[...] Now, as I understand it, Rationalism is the assertion that what I have called practical knowledge is not knowledge at all, the assertion that, properly speaking, there is no knowledge which is not technical knowledge. The Rationalist holds that the only element of knowledge involved in any human activity is technical knowledge, and that what I have called practical knowledge is really only a sort of nescience which would be negligible if it were not positively mischievous. &lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;Plus près de notre sujet, Michael Boldrin et David Levine ont publié un article très cité intitulé &amp;quot;The case against intellectual monopoly&amp;quot; dans l'&lt;em&gt;International Economic Review&lt;/em&gt; en mai 2004. Leur argument central est justement que les économistes ont tort de prendre comme postulat qu'une invention, une fois rendue publique, est répliquable sans coût : il faut en fait pour l'utiliser de manière rentable investir dans des changements organisationnels, apprendre de nouvelles pratiques, etc. En conséquence, un innovateur peut prospérer du simple fait qu'il a pris de l'avance dans ses dimensions, même si son innovation&amp;nbsp; n'est pas protégée par un brevet. &lt;br /&gt; &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les historiens rappellent souvent le rôle de James Watt, et le fait que les innovations majeures dont il est réputé créateur unique ont donné une des impulsions à la Révolution Industrielle. &lt;em&gt;Humbug! &lt;/em&gt;nous&lt;em&gt;&amp;nbsp;&lt;/em&gt; disent Boldrin et Levine, des provocateurs décidément : &lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;In the end, the evidence suggests that Watt's efforts to use the legal system to inhibit competition set back the industrial revolution by a decade or two.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Leurs arguments (et leur modèle théorique) sont un peu forcés, mais ils ont le mérite de nous forcer à reconsidérer nos axiomes de base. Ce qui est certain,&amp;nbsp; c'est que l'explosion du nombre de brevets et des procès afférents depuis une vingtaine d'années ne traduit pas un accroissement proportionnel des innovations socialement utiles, et risque bien d'avoir freiné certaines d'entre elles. &amp;quot;There is something rotten in the state of patent law&amp;quot;...A ce sujet, je recommande la lecture du &lt;a href="http://www.amazon.fr/Innovation-Its-Discontents-Endangering-Progress/dp/0691127948/ref=sr_1_1/171-4925374-4925813?ie=UTF8&amp;amp;s=english-books&amp;amp;qid=1178024955&amp;amp;sr=1-1"&gt;livre&lt;/a&gt; très accessible d'Adam Jaffe et Josh Lerner. &lt;/p&gt;&lt;br /&gt; &lt;/div&gt;
</content>


    </entry>
    <entry>
        <title>De usu arte reformandi in jure et facto, III</title>
        <link rel="alternate" type="text/html" href="http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/2007/04/de_usu_arte_ref_2.html" />
        <link rel="replies" type="text/html" href="http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/2007/04/de_usu_arte_ref_2.html" thr:count="3" thr:updated="2007-04-24T09:43:44-04:00" />
        <id>tag:typepad.com,2003:post-33160692</id>
        <published>2007-04-21T10:36:37-04:00</published>
        <updated>2008-02-22T09:07:10-05:00</updated>
        <summary>Je conclus mes billets sur les livres pré-présidentielle ; c'est un peu tard, j'en conviens, mais il est après tout plus que probable qu'il y aura un second tour, et des législatives ensuite... Voici donc deux ouvrages publiés par Hachette...</summary>
        <author>
            <name>Bernard Salanié</name>
        </author>
        <category scheme="http://www.sixapart.com/ns/types#category" term="Elections 2007" />
        
        
<content type="html" xml:lang="fr-FR" xml:base="http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/">
&lt;div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"&gt;&lt;p&gt;Je conclus mes billets sur les livres pré-présidentielle ; c'est un peu tard, j'en conviens, mais&amp;nbsp; il est après tout plus que probable qu'il y aura un second tour, et des législatives ensuite...&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Voici donc deux ouvrages publiés par Hachette dans la collection Telos, liée au &lt;a href="http://www.telos-eu.com/"&gt;blog éponyme&lt;/a&gt; : &lt;a href="http://www.amazon.fr/20-chantiers-lElys%C3%A9e-Propositions-pour/dp/2012372767/ref=sr_1_1/403-0061870-4558027?ie=UTF8&amp;amp;s=books&amp;amp;qid=1177162501&amp;amp;sr=1-1"&gt;Les 20 chantiers de l'Elysée&lt;/a&gt;, et &lt;a href="http://www.amazon.fr/fin-privil%C3%A8ges-Payer-pour-r%C3%A9former/dp/2012372686/ref=sr_1_1/403-0061870-4558027?ie=UTF8&amp;amp;s=books&amp;amp;qid=1177162462&amp;amp;sr=1-1"&gt;La fin des privilèges&lt;/a&gt;. Le premier comprend ving chapitres et autant de propositions, sur des sujets politiques (j'y relève Guy Carcassonne contre le cumul des mandats des députés, Olivier Roy contre la confusionnite dans notre perception des conflits que nous lions à l'Islam), économiques (voir plus bas), l'enseignement et la recherche (voir encore plus bas)&amp;nbsp; et autres.&amp;nbsp; Le second a été rédigé par Jacques Delpla&amp;nbsp; et Charles Wyplosz (qui a également coédité le premier avec Zaki Laïdi)---voir tout en bas. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Commencons donc par les propositions économiques de l'ouvrage collectif. Les chapitres 2 et 3 (par Pierre Cahuc et Tito Boeri) traitent du marché du travail. Cahuc est bien connu en France ; Boeri n'est pas seulement un très bon économiste&amp;nbsp; : il est aussi &lt;a href="http://www.igier.uni-bocconi.it/whos.php?vedi=373&amp;amp;tbn=albero&amp;amp;id_doc=177"&gt;le fondateur du site La Voce&lt;/a&gt;, qui nous a tous précédés (en France) dans ce domaine et a une audience très importante en Italie. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cahuc&amp;nbsp; résume éloquemment comment le marasme dans lequel le syndicalisme francais se trouve a des conséquences négatives sur l'emploi. En l'absence de concurrence entre eux, et compte tenu de leur poids institutionnel garanti, les syndicats n'attirent plus&amp;nbsp; du tout les jeunes. &lt;br /&gt; Faute de militants et de cotisations, ils se reposent&amp;nbsp; de plus en plus sur des financements publics, des emplois garantis&amp;nbsp; pour leurs permanents (à la Sécu beaucoup plus que dans des entreprises) et diverses sinécures confortables, toujours&amp;nbsp; attribuées&amp;nbsp; par les politiques. &lt;br /&gt;Cette situation malsaine doit changer ; diverses mesures ont déjà été prises, mais le caracan de la &amp;quot;representativité&amp;quot; de 1945 doit absolument sauter. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Boeri explique comment les reformes du marché du travail en France comme en Italie,&amp;nbsp; ont eu le tort de n'aller que vers la flexibilisation accrue du déjà flexible, et détaille ce que pourrait être la mise en oeuvre d'un &amp;quot;contrat graduellement&amp;nbsp; permanent&amp;quot;. Un tel contrat pourrait comprendre trois phases :&lt;/p&gt;

&lt;ol&gt;&lt;li&gt;&amp;nbsp; probation : une sorte de période d'essai de six mois, avec licenciement sans préavis ;&lt;/li&gt;

&lt;li&gt;&amp;nbsp; insertion :&amp;nbsp; pendant les huit ans suivants, chaque mois de travail accroît les indemnités à verser&amp;nbsp; en cas de licenciement ;&lt;/li&gt;

&lt;li&gt;stabilité : après ces deux phases, le contrat deviendrait un CDI.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;

&lt;p&gt;Dans le chapitre 7, Wyplosz propose que le pouvoir décisionnel sur la&amp;nbsp; loi de finances&amp;nbsp; (le budget de l´Etat) soit divisé. Le Parlement garderait naturellement son pouvoir d'allouer recettes et dépenses, mais sous une contrainte de solde budgétaire fixée par un Conseil de la Politique Budgétaire&amp;nbsp; formé d'experts indépendants. Il y a quelque temps que les économistes, décus par l'incapacité des politiques à s'autodiscipliner, ont émis des&amp;nbsp; propositions semblables.&amp;nbsp; Sur le plan théorique, les arguments sont assez convaincants&amp;nbsp; ;&amp;nbsp; mais je dois dire que je suis très sceptique sur la probabilité qu'un tel plan soit mis en oeuvre dans un avenir prévisible. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Elie Cohen propose dans le chapitre 8 qu'au lieu du fatras de nouveaux organismes en charge de politqiues industrielles parfaitement incohérentes qu'on nous installe (ou des nouveaux qu'on nous promet), on&amp;nbsp; revienne à l'inspiration&amp;nbsp; du Comité Interministériel des&amp;nbsp; Restructurations Industrielles de 1974-1985 : un organisme qui attribuerait des aides à des pôles de compétitivité, mais&amp;nbsp; doté de moyens suffisants pour instruire des dossiers avec l'apport d'experts du secteur privé.&amp;nbsp; Ce serait certainement une amélioration sur ce qui est existe (ou ce qui peut encore nous tomber dessus). Là où je rejoins entièrement EC, c'est sur la philosophie générale qui devrait sous-tendre la politique industrielle (comme les subventions aux énergies renouvelables d'ailleurs) : l'Etat est très mal équipé pour &amp;quot;pick winners&amp;quot;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Voilà pour l´économie---on peut aussi signaler que Salanié en remet une louche sur les droits de succession dans le chapitre 12, pour ses inconditionnels. L'ouvrage comporte plusieurs chapitres très intéressants sur l'enseignement et la recherche. Certains des thèmes ont déjà été évoqués sur ce blog. A propos de l'orientation scolaire, Olivier Galland montre bien comment les beaux slogans comme &amp;quot;faire de l´elève l'acteur central du système&amp;nbsp; éducatif&amp;quot; ont dérivé : les conseillers en orientation font en fait du soutien psychologique, par crainte quasi-idéologique&amp;nbsp; de forcer les choix des adolescents---il est vrai que (pour déverser les surplus des seconds cycles de psycho ?) on exige d'eux qu'ils aient un diplôme de psychologie... On&amp;nbsp; a repoussé l'âge des choix dans les formations générales, mais pas dans les formations&amp;nbsp; &amp;nbsp;professionnelles où les adolescents sont pourtant sûrement moins à même de s'orienter. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Bernard&amp;nbsp; Belloc revient sur l'autonomie des universités ; je l'ai souvent cité sur ce blog et il s'agit bien sûr d'un sujet crucial. J'ai moins abordé le financement des étudiants ; Alain Trannoy, qui a beaucoup travaillé ce sujet avec Robert Gary-Bobo,&amp;nbsp; démonte un certain nombre de mythes à ce sujet. Il montre comment un système de prêts étudiants, associé à un planning de remboursements flexcibles en fonction des revenus acquis ensuite, ne serait pas ruineux et serait plus efficace et plus égalitaire que le système actuel. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Dand leur livre, sous-titré &amp;quot;payer pour réformer&amp;quot;, Delpla et Wyplosz partent d'un dilemme classique. Il y a bien peu de réformes possibles qui puissent faire l'unanimité, parce qu'il y a toujours des perdants. Certaines de ces réformes ne sont d'ailleurs pas souhaitables, car les gains des gagnants sont inférieurs aux pertes des perdants---je laisse de côté la très épineuse question de l'addition des gains et des pertes.&amp;nbsp; Mais il existe de nombreux domaines où la réforme, en&amp;nbsp; rendant l´économie plus efficace, créeraient des gains suffisants pour&amp;nbsp; que l'Etat, en&amp;nbsp; taxant les gagnants, puisse deédommager les perdants.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En termes d´économie publique, pour les aficionados :&lt;/p&gt;

&lt;ol&gt;&lt;li&gt;les améliorations au sens de Pareto sont rares ;&lt;/li&gt;

&lt;li&gt;mais il est plus facile de trouver des améliorations au sens de Hicks-Kaldor.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;

&lt;p&gt;(voir la première partie de &lt;em&gt;&lt;a href="http://www.amazon.fr/Micro%C3%A9conomie-Bernard-Salanie/dp/2717836276/ref=sr_1_6/403-0061870-4558027?ie=UTF8&amp;amp;s=books&amp;amp;qid=1177165536&amp;amp;sr=8-6"&gt;cet excellent livre&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;).&amp;nbsp; Bien sûr, il y a deux écueils : les perdants ne veulent pas attendre pour être---hypothétiquement--compensés, et les gagnants&amp;nbsp; ne sont pas suffisamment sûrs de leurs gains pour accepter un impôt-compensation. D'où l'idée de D&amp;amp;W, assez logique : compensons les perdants dès aujourd'hui, au prix d'un accroissement de la dette publique qui sera lui-même remboursé par les impôts futurs. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L'idée est séduisante. Il y a bien sûr des chausse-trapes. La première est qu'en politique, les réglements &amp;quot;pour solde de tous comptes&amp;quot; sont rarement gravés dans le bronze. Joe Stiglitz raconte volontiers comment le Farm Bill dont il était si fier quand il conseillait Bill Clinton, qui&amp;nbsp; fonctionnait selon un principe similaire, n'a pas empêché les agriculteurs de revenir à la charge dès l'année suivante...il y a toujours des &amp;quot;circonstances exceptionnelles&amp;quot; pour les lobbies.&amp;nbsp; Le second, bien sûr, réside dans les modalités de ce grand marchandage. Ceci dit, les auteurs en sontr parfaitement conscients et leurs idées méritent vraiment d'être explorées. Le livre est écrit sur un ton assez polémique, et je ne reprendrais pas forcément toutes ses analyses ; mais la lecture en est très stimulante et il contient des détails très intéressants. Je vous le recommande vivement, entre les deux tours...&lt;/p&gt;&amp;nbsp;  &lt;/div&gt;
</content>


    </entry>
    <entry>
        <title>Le climat et les économistes, II</title>
        <link rel="alternate" type="text/html" href="http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/2007/04/le_climat_et_le_1.html" />
        <link rel="replies" type="text/html" href="http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/2007/04/le_climat_et_le_1.html" thr:count="5" thr:updated="2007-05-23T14:33:55-04:00" />
        <id>tag:typepad.com,2003:post-33047720</id>
        <published>2007-04-18T13:13:38-04:00</published>
        <updated>2008-02-22T08:04:36-05:00</updated>
        <summary>Je continue mon billet d'hier. Pourquoi Nordhaus et Stern sont-ils autant en désaccord ? Stern utilise un taux d'escompte (le facteur r) inhabituellement bas : 0,1%. C'est bien sûr en-dessous du taux d'intérêt, même sur des placements "sans risque" comme...</summary>
        <author>
            <name>Bernard Salanié</name>
        </author>
        <category scheme="http://www.sixapart.com/ns/types#category" term="Elections 2007" />
        
        
<content type="html" xml:lang="fr-FR" xml:base="http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/">
&lt;div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"&gt;&lt;p&gt;Je continue mon billet d'hier. Pourquoi Nordhaus et Stern sont-ils autant en désaccord ? Stern utilise un taux d'escompte (le facteur r) inhabituellement bas : 0,1%. C'est bien sûr en-dessous du taux d'intérêt, même sur des placements &amp;quot;sans risque&amp;quot; comme les emprunts d'Etat francais ou américains. Comment peut-on&amp;nbsp; comprendre ce choix ? Il faut pour cela (au minimum, comme on le verra...) revenir à Frank Ramsey, génie multiforme dont j'ai déjà parlé &lt;a href="http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/2007/01/le_prix_de_lele.html"&gt;ici&lt;/a&gt; et &lt;a href="http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/2007/01/verite_et_proba.html"&gt;là&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En 1928, Ramsey avait donné une théorie simple du niveau du taux d'intérêt, que je noterai i. Elle est résumée dans cette jolie formule:&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;i=r +e*g.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ca paraît simple... mais comme Feynman l'a écrit quelque part, toute formule est simple si on simplie les notations ! Exemple : la Loi de l'Univers est &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;U=0&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le truc ? il suffit de définir U=|E-mc²|²+min(dS,0)²+|F-mg|^2+...&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ce qu'a fait Ramsey va évidemment plus loin. Dans sa formule, r représente le taux d'escompte qui traduit la &amp;quot;préférence pour le présent&amp;quot; du citoyen moyen. Supposons par exemple qu'on me promette 100 euros &lt;em&gt;hic et nunc&lt;/em&gt;&amp;nbsp; et 100 euros dans un an exactement, et oublions encore l'inflation (et le risque que la promesse ne soit pas tenue---après tout, nous sommes en période électorale !) Supposons aussi que le reste de mes ressources financières soit exactement identique aujourd'hui et dans un an, et que je n'aie la possibilité ni d'emprunter ni d´épargner. Ce n'est pas très réaliste, j'en conviens ; mais considérez ceci comme un &lt;em&gt;Gedankenexperiment.&lt;/em&gt; &lt;/p&gt;

&lt;p&gt; Etant normalement constitué, j'ai une préférence pour le présent qu'on peut mesurer par la part de la somme promise pour l'an prochain que je suis prêt à abandonner pour avoir un euro de plus aujourd'hui. Par exemple, je considère peut-être que c'est trois euros, si bien que je suis indifférent entre&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;&lt;li&gt;100 euros aujourd'hui et 100 dans un an&lt;/li&gt;

&lt;li&gt;ou 101 euros aujourd'hui et 97 dans un an.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;Dans ce cas, mon paramètre r (mon taux d'escompte) est de 2%.&amp;nbsp; Il s'agit d'une donnée qui m'est personnelle : le vôtre peut être plus élevé ou plus faible, selon votre patience et vos croyances religieuses et philosophiques.&amp;nbsp; Mais supposons que nous ayons tous le même r ; en fait, supposons que je représente l'Homo Mondialis.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt; En supposant que &amp;quot;le reste de mes ressources financières [est]&amp;nbsp; exactement identique aujourd'hui et dans un an, j'ai négligé une difficulté : en pratique, la croissance économique fait que nos ressources financières seront plus importantes l'an prochain qu'aujourd'hui (en moyenne). Mais si je suis plus riche dans un an, 100 euros n'auront pas tout à fait la même valeur pour moi : pour caricaturer, si je sais que je dois hériter de Bill Gates dans six mois (&lt;em&gt;fat chance&lt;/em&gt;), 100 euros demain ne valent plus grand chose. Le facteur e*g prend en compte cette complication : g est le taux de croissance de économie mondiale, et e, sans rentrer dans les détails, décrit le fait qu'une somme donnée &amp;quot;vaut&amp;quot; moins quand nous sommes plus riches. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a href="http://nordhaus.econ.yale.edu/SternReviewD2.pdf"&gt;Nordhaus a très rapidement critiqué Stern&lt;/a&gt;, en relevant que les choix qu'il fait pour les trois paramètres r, e et g&amp;nbsp; dans ses simulations et ses évaluations sont incohérents. Il est facile d'appliquer&amp;nbsp; la formule :&amp;nbsp; avec les valeurs retenues par Stern&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;&lt;li&gt;un&amp;nbsp; taux d'escompte r de 0,1%, &lt;/li&gt;

&lt;li&gt;un taux de croissance de l´économie mondiale de 1,3%&lt;/li&gt;

&lt;li&gt;et un paramètre e de 1 (utilité logarithmique, pour les fans),&amp;nbsp; &lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;on obtient r=0,1+1*1,3=1,4%.&amp;nbsp; Mais c'est très en-decà du taux d'intérêt observé sur le marché, même pour un placement sans risque.&amp;nbsp; Martin Weitzman, de Harvard, &lt;a href="http://www.economics.harvard.edu/faculty/Weitzman/papers/JELSternReport.pdf"&gt;a&amp;nbsp; analysé le rapport Stern&lt;/a&gt; pour le &lt;em&gt;Journal of Economic Literatur&lt;/em&gt;e. Il suggère que ma moyenne des économistes&amp;nbsp; choisirait en gros &amp;quot;a trio of twos&amp;quot; : r=2%, e=2, g=2%. On aboutit ainsi à un taux d'intérêt de 6%, un peu élevé&amp;nbsp; comme on le verra.&lt;br /&gt; &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Digression (en apparence seulement) : pourquoi les entreprises utilisent-elles le taux d'intérêt du marché pour les calculs de valeur présente nette, soit r=i ? Réponse de théoricien : elles peuvent emprunter et épargner au taux r, ce que le monde dans son ensemble ne peut pas faire (il y a des emprunteurs et des prêteurs, mais pas de banquier extraterrestre pour faire l'appoint) ; et leurs actionnaires ont pris soin de diversifier leurs placements. Sous ces deux hypothèses, le paramètre e peut être pris égal à zéro ; et on retrouve bien r=i. Réponse de praticien : comme ces deux arguments ne sont qu'approximatifs, les calculs de valeur présente nette intègrent en fait des considérations plus complexes. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Notons pour l'instant que les choix de Stern ont des conséquences monumentales sur ses prescriptions de politique économique. Avec r=0,1%, une perte de mille milliards d'euros dans 100 ans &amp;quot;vaut&amp;quot; 905 milliards d'euros aujourd'hui : ce qui arrivera dans un siècle ou deux a pratiquement autant d'importance dans ce calcul que ce qui arrivera dans un an. Si nous prenons r=2% &amp;quot;comme&amp;nbsp; à l'habitude&amp;quot;, on obtient 138 milliards, soit sept fois moins...voilà comment &amp;quot;il est urgent d'attendre&amp;quot; devient &amp;quot;il est urgent d'agir&amp;quot;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le rapport Stern est en partie un document politique, bien sûr. Mais Stern est aussi un économiste très distingué, et il y a des arguments solides à l'appui de son choix de paramètres. Le premier est lié au choix du taux d'intérêt i auquel il faut comparer r=e*g. Si l'on retient 6% comme dans la &amp;quot;règle des deux&amp;quot; ci-dessus, cela signifie qu'on prend pour base de comparaison des actifs risqués,&amp;nbsp; comme un indice des Bourses mondiales, plutôt que des emprunts d´état pour lesquels i=2% serait plus raisonnable. Logique, me direz-vous : après tout, les coûts et les bénéfices des mesures anti-réchauffement sont eux-même très incertains.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Mais ce n'est pas si simple... le réchauffement climatique risque d'avoir un impact très important sur l´économie mondiale, si bien qu'on ne peut pas traiter un investissement dans l´économie mondiale et un investissement dans la réduction des émissions comme deux décisions indépendantes. Je vous passe les maths (Weitzman est très clair, mais pas pour les profanes)&amp;nbsp; ; mais ceci suggère que le choix d'un taux d'intérêt sans risque est plus raisonnable. On en revient, dans l'équation de Ramsey, à comparer i=2% et la version Stern de r+e*g=1,4%, ce qui est déjà moins extravagant. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ceci ne prend pas en compte une deuxième considération : les risques catastrophiques.&amp;nbsp; Supposons par exemple que nous soyons sûrs à 95% que le coût du changement climatique soit limité (disons 100 milliards d'euros par an) , mais qu'il reste une chance de 5% que la Terre devienne inhabitable, &lt;a href="http://www.geocities.com/scannapuerci/svevo.htm"&gt;une fin à la Italo Svevo&lt;/a&gt; :&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;span face="Century Gothic"&gt;&lt;em&gt;Ci
sarà un'esplosione enorme che nessuno udrà e la terra ritornata alla forma di
nebulosa errerà nei cieli priva di parassiti e di malattie.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;Quelle est la bonne manière de comptabiliser ce type de risque ? Personne ne le sait. C'est déjà difficile pour des catastrophes naturelles locales (quelle prime d'assurance les Californiens devraient-ils payer contre the Big One, le tremblement de terre que tout le monde attend ?) Mais au moins, il reste quelqu'un pour rembourser les dégats...&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Weitzman a aussi avancé il y a&amp;nbsp; quelques années un argument qui n'est pas sans poids. Nous ne savons pas très bien quel taux d'escompte r nous devrions utiliser. Supposons par exemple que nous soyons sûr à 90% que Nordhaus a raison et qu'il faut prendre r=2% ; mais qu'il y a une chance sur 10 que Stern ait raison avec ses 0,1%. La théorie nous indique que la valeur présente&amp;nbsp; de 1000 milliards d'euros dans 100 ans est très proche de Nordhaus :&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;138*0,9+905*0,1=214 milliards d'euros,&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;soit la même valeur que si nous avions choisi un taux d'escompte de r=1,6%, encore plus proche de Nordhaus que de Stern. Mais supposons que ces 1000 milliards d'euros n'arrivent que dans 200 ans. Leur valeur est aujourd'hui un ridicule 19 milliards selon Nordhaus, 819 milliards selon Stern---les différences d´évaluation sont d'autant plus fortes que l'horizon est plus éloigné. Revenons à nos doutes existentiels, et&amp;nbsp; jouons Stern à 10% et Nordhaus à 90%. Alors on calcule&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;19*0,9+819*0,1=99.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Mais&amp;nbsp; cette fois le taux d'escompte correspondant est de r=1,2% seulement. Nous nous rapprochons de Stern... et si je poussais l'exercice jusqu'à 10000 ans par exemple, je trouverais un taux d'escompte de 0,2%, soit presque Stern.&amp;nbsp; L'intuition est simple : après un temps assez long, la réponse de Nordhaus est un chiffre négligeable. Cet argument suggère que nous devrions utiliser des taux d'escompte différents selon nos horizons de prévision. Pour un investissement de la communauté mondiale dont les bénéfices arrivent en dix ans, r=2% est sûrement une bonne approximation. Mais si les bénéfices se matérialisent dans un avenir lointain, le taux d'escompte utilisé doit être nettement plus bas. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Weitzman conclut sa revue par cette jolie phrase (&amp;quot;tails&amp;quot;, ce sont les queues de distribution, les événements extrêmes à la Svevo ; &amp;quot;consumption smoothing&amp;quot;, c'est le modèle de Ramsey, qui n'est&amp;nbsp; pas directement utilsable dans cette situation) :&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;the hidden meaning of Stern vs Critics may be about tails vs middle and about catastrophic insurance vs consumption smoothing.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p&gt;Dernier point économique : l'analyse de Ramsey se situait dans l'un de ces univers parallèles où il n'existe qu'un bien de consommation. Mais en pratique, nous tirons une bonne part de notre niveau de vie des &amp;quot;services de la nature&amp;quot;: ressources naturelles épuisables comme le pétrole ou le charbon, ou simplement qualité de l'air et température moyenne.&amp;nbsp; A mesure que nous consommons ces services de la nature, ils deviennent plus rares, et leur prix relatif s'accroît donc. On peut introduire ce nouvel élément dans l'analyse ; un numéro spécial de la &lt;em&gt;Review of Economic Studies&lt;/em&gt; (mâtin, quel journal !)&amp;nbsp; de 1974 est empli de ce genre de contributions. La lecon essentielle est que s'il est difficile de substituer aux services épuisables (ou dégradés) d'autres sources pour alimenter notre&amp;nbsp; niveau de vie, alors le développement durable devient un sérieux problème : tôt ou tard, il nous faudra réduire notre niveau de vie. Pas notre taux de croissance : notre niveau de vie, en termes absolus---on est au-delà de la &amp;quot;croissance zéro&amp;quot; ! C'est ce qui explique que &lt;a href="http://www.hgu.gu.se/item.aspx?id=3519"&gt;Thomas Sterner (Goteborg)&lt;/a&gt; intitule sa propre contribution au débat &amp;quot;An even Sterner review&amp;quot;.&amp;nbsp; &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Je ne parle pas des considérations d´équité intergénérationnelles ici, parce qu'elles m'entraîneraient trop&amp;nbsp; loin&amp;nbsp; et que je n'ai rien d'intelligent à dire sur la question (n'ayant pas lu grand'chose de bouleversant à vrai dire). Et le&lt;a href="http://www.pacte-ecologique-2007.org/html/index.php"&gt; Pacte écologique de Nicolas Hulot,&lt;/a&gt; me direz-vous ? La proposition 2 est au coeur de ce qui précède :&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Il est donc indispensable de mettre en place &lt;strong&gt;une taxe
carbone qui permette de provoquer volontairement une baisse de nos
émissions de gaz carbonique et de notre consommation d’énergie fossile&lt;/strong&gt;
avant que nous y soyons brutalement contraints. Cette taxe, applicable
au pétrole, au gaz et au charbon, croîtrait de manière progressive,
jusqu’à ce que la division par quatre des émissions soit atteinte.&lt;/p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;		&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;
&amp;nbsp; &amp;nbsp;		&amp;nbsp; &amp;nbsp; &lt;br /&gt;&lt;p&gt;La
taxe s’appliquera à tous, administrations, entreprises et ménages. Elle
permettrait une évolution de nos systèmes d’organisation économique et
de transport, en encourageant le changement des comportements ainsi que
le recours à d’autres sources d’énergie. Elle serait accompagnée de
mesures compensatoires pour les secteurs économiques et les ménages les
plus fragiles.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;Je signe, des deux mains---les objectifs chiffrés méritent considération plus approfondie, bien sûr. La proposition 3 s'adresse à la politique économique en matière d'agriculture :&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Nous proposons que &lt;strong&gt;les subventions agricoles soit progressivement transférées vers l’agriculture de qualité&lt;/strong&gt; – biologique, labellisée, d’appellation d’origine contrôlée – en lui ouvrant &lt;strong&gt;le marché de la restauration collective&lt;/strong&gt;
: cantines scolaires, restaurants d’entreprises, d’universités,
d’hôpitaux, de maisons de retraite, associations caritatives..., soit
2,6 milliards de repas chaque année et quelque 10 millions de repas par
jours ouvrables. L’organisation de ce marché s’effectuerait sur la base
d’un cahier des charges selon&lt;strong&gt; des critères de qualité et de proximité des productions&lt;/strong&gt;. &lt;br /&gt;
Une telle redistribution relancerait la demande en produits de qualité,
permettrait aux agriculteurs d’être rémunérés pour leur travail et
créerait des emplois nécessaires à ce type d’agriculture.&lt;/p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;		&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;
&amp;nbsp; &amp;nbsp;		&amp;nbsp; &amp;nbsp; &lt;br /&gt;&lt;p&gt;Elle
diminuerait les coûts de transport et la consommation d’énergie,
dynamiserait l’emploi local, permettrait l’accès des plus modestes à
une alimentation de qualité.&lt;/p&gt;
&amp;nbsp; &amp;nbsp;		&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;p&gt; Pour ce faire, le gouvernement français devra s’engager dans une renégociation de la &lt;strong&gt;PAC&lt;/strong&gt; afin que les subventions aux producteurs soient progressivement dirigées vers la restauration collective.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;Je suis un peu surpris que les candidats aient signé ce brûlot...Chirac parti, les votes des agriculteurs francais sont à prendre, puisque Sarkozy ne les &amp;quot;possède&amp;quot; pas autant. Ceci mis à part,&amp;nbsp; cette proposition a les avantages et les inconvénients de la &amp;quot;multifonctionnalité&amp;quot;, jargon bruxellois pour réhabiliter la PAC. Avantage : des subventions mieux ciblées et plus intelligentes ; inconvénient : la gestion pratique d'une politique qui accumule les objectifs flous et donc manipulables. En tout cas, cela mérite examen.&lt;/p&gt;

&lt;/div&gt;
</content>


    </entry>
 
</feed>
