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En exergue :

  • Frank Ramsey, "Truth and Probability" (1926)
    The highest ideal would be always to have a true opinion and be certain of it; but this ideal is more suited to God than to man.
  • Jules Bertaut, "1848 et la Seconde République" (1937)
    L'enthousiasme est pour rien chez nous : aussi les Français, peuple avare par excellence, le répandent-ils avec une générosité qui n'a d''egale que leur versatilité.
  • Turgot, lettre à Du Pont (1773)
    C’est au public lisant et réfléchissant qu’il faut parler, c’est à lui qu’il faut plaire, lui et lui seul qu’il faut persuader ; toutes les flagorneries aux gens en place, tous les petits détours dont en s’enveloppe pour ne pas les choquer sont une perte de temps écartant du vrai but et ne réussissant même pas à faire sur eux l’impression qu’on s’est proposée.

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Commentaires

Steve

Il est vrai que sur ce sujet en particulier, les candidats à la présidentielle rivalisent de banalités, oscillant entre voeux pieux et ajustements budgétaires.

Au delà des considérations financières, l'enseignement supérieur francais souffre de la rigidité des filières universitaires. (D'ailleurs, ces maux sont également caractéristiques de l'enseignement secondaire où il est demandé à des gamins de 14-15 ans de choisir entre économie, sciences et littérature. Choix lourd de conséquences pour l'avenir, sur lequel il est très difficile de revenir plus tard.)

En effet, combiens de diplômés en histoire, LEA, sociologie ou psychologie produisent les facs francaises chaque année pour grossir les rangs des historiens, linguistes, sociologues et psychologues qui, soit pointent à l'ANPE, soit entament une nouvelle formation de type BTS ou IUT pour trouver un job.

Afin de mettre en adéquation universités et monde du travail, il pourrait être intéressant de créer un socle d'enseignements communs débouchant sur un diplôme du genre "bachelor" ou "master" de sciences humaines, assorti d'un spécialisation. Le socle commun devant impérativement inclure des cours de langues étrangères, d'informatique, d'éco et de gestion: des compétences dans ces domaines sont nécessaires aujourd'hui dans tous les métiers du monde. Dès lors, il est assez incroyable que des bac+5 ne puisse pas parler l'anglais, utiliser word ou ne sache pas ce qu'est un bilan.

C'est à peu près ce qui existe en Finlande, où je réside depuis 8 ans. Par contre j'ai bien peur qu'en France, ceci apparaisse comme de la science fiction. +10% par an, ca c'est du concret!

salaniephile

Cher Bernard,

Permets-moi de te tutoyer et de t'appeler par ton prénom, après tout, tu te permets toi même la même familiarité avec la respectable France Telecom et je n'ose douter que tu y verras une marque de sympathie de la part d'un lecteur amateur de la qualité et de l'intérêt de tes billets.

Désolé de ne pas réagir à ton message, je souhaiterais solliciter une discussion sur les articles qu'écrivent tes collègues français dans la presse. Ces papiers méritent-ils notre confiance?

A titre d'exemple je m'étonne que Thomas Piketty, en commentant ( https://www.liberation.fr/rebonds/234540.FR.php?mode=PRINTERFRIENDLY ) une promesse de Nicolas Sarkozy, écrive "La vérité toute simple est que jamais aucun pays développé n'a abaissé de 4 points son taux de prélèvements obligatoires." et donne comme exemple l'expérience de la Suède et du Danemark depuis 1990. Or, selon l'OCDE ( https://www.oecd.org/dataoecd/8/8/37504501.pdf ), par le passé la Suède l'a baissé de 4,6 points de PIB (1990-95), la Pologne de 4,5 points (1995-00) les Etats-Unis de 4,2 points (2000-03), le Luxembourg de 3,8 points (1985-90). Plusieurs autres pays de l'OCDE les ont baissés de 2 à 3 points sur environ 5 ans.

Qui croire? Le premier directeur de l'Ecole d'Economie de Paris ou la rigueur de l'OCDE? Ou croire par exemple que les Américains ne sont pas très développés? Toi qui les cotoies régulièrement, tu ne manqueras pas de m'éclairer.

Plus généralement, la question du taux optimal des prélèvements obligatoires mérite probablement de ta part un billet pour éclairer les électeurs qui ne manqueront pas d'envoyer un signal sur le niveau d'impôts souhaité.

alexandre delaigue

Salaniephile : regardez donc ce qu'on fait dans le même temps dépenses et déficits publics dans vos différents exemples. Baisser les prélèvements mais augmenter les dépenses, ce n'est pas baisser les prélèvements, c'est payer les dépenses plus tard.

Panzu

Cette étude ma l'air toute aussi interessante que subversive,est ce une omission volontaire que d'oublier les propositions d'un certain Francois Bayroux ( ancien ministre de l'education au même titre que Segolene Royal)?
Au gré de la lecture on en viendrait presque a oublier qu'un autre candidat potentielement dangereux ait lui aussi des propositions,qui sont certes critiquables mais ont le mérite d'exister.
"La France est le pays le plus politique du mnde" nous rappele a l'envie Marx l'influence atlantiste serait elle nuisible au trait politique francais?

Bernard Salanié

* Salaniephile (!) et Alexandre : il y a peu d'exemples dans l'histoire ou le taux de prelevements obligatoires ait baisse de 4 points de PIB ou plus en quelques annees, mais il y en a effectivement. Baisser les impots n'est pas forcement tres difficile ; on peut aussi, avec un peu d'aide de Bruxelles, reclassifier des recettes ; et une bonne recession aide aussi a faire baisser le taux de PO puisque les recettes sont "procycliques"... Ceci dit, le deficit des administrations publiques est aussi un chiffre trop "court-termiste". Le financement des engagements (implicites) a long terme de la Secu pese beaucoup plus lourd qu'un ou deux points de PO en plus ou en moins---je ne sais pas si Thomas pense que sa candidate est tres credible sur ce point majeur !

* Panzu : c'est Bayrou, pas Bayroux, et Mme Royal n'etait pas ministre mais sous-ministre. Mais hors ces details, vous avez raison et je me promets d'inclure Bayrou dans mes prochains billets.

Merlin

Ne pourrait on considérer que les paris sont de meilleurs prédicteurs de résultats que les sondages? Après tout les gens qui mettent leurs argent la ou est leur bouche doivent mieux savoir ce qu'il font que ceux qui restent dans la parole verbale. Peut être faudrait il réorganiser la facon de faire des sondages avec attribution de prix et tirage au sort.

Les économistes ne devraient pas se mêler de chiffrage de programme ou de politique, même ceux qui ont entendu parler de Flaubert n'ont pas l'esprit assez poétique.

Lorsque j'ai demandé a ma grand mère (une référence en matière d'économie ménagère) si il était possible de baisser les prélèvements obligatoires de 4 points, elle m'a répondu qu'il suffisait de les rendre facultatif. Du bon sens comme elle dit. Un État a la carte, pourquoi pas?

salaniephile

Alexandre et Bernard : Merci pour ces commentaires avisés. Je souhaitais simplement trouver des contre-exemples à "la vérité toute simple" énoncée par Thomas Piketty. Je reconnais que j'aurais du tenir compte de l'équivalence ricardienne et chercher des exemples de baisses de dépense (plutôt que des baisses de prélèvements) de 4 points du PIB en 5 ans. Par exemple, entre 2003 et 2006, des pays aussi différents que la Suède, le Danemark, la Belgique, l’Autriche, l’Allemagne, la Hongrie, l’Estonie, Chypre et la République tchèque diminuent le poids de la dépense publique de plus de 3 points (si j'en crois ce papier de la fondation Robert Schuman - https://www.robert-schuman.org/supplement/questions_europe13.pdf - j'avoue ne pas avoir le temps de recouper ma source). Il y a certainement des explications spécifiques pour ces pays, voire quelques astuces comptables parfois, mais ces pays sont trop nombreux pour affirmer qu'une baisse des dépenses (et par conséquent, une baisse d'impôts) est impossible.

Quand à la faible qualité de mes indicateurs "court-termistes", ne sachant lesquels tiennent "proprement" compte des engagements implicites des états (retraites, santé,...), j'avoue ne pas avoir trouvé de source rapidement et ne pas avoir le temps d'une recherche approfondie. Mais certains l'ont probablement déjà faite.

Mon propos était plutôt de souligner qu'affirmer une baisse d'impôts impossible en s'appuyant sur une affirmation fausse est une façon un peu courte d'éluder un débat qui me semble important. Il n'est pas de faire l'apologie de la baisse d'impôts.

Et les articles de presse, bien qu'écrits par des chercheurs reconnus académiquement, peuvent être rédigés un peu vite et être partisans au détriment de l'honnêteté intellectuelle. Ils ne bénéficient pas en général d'une relecture extérieure pour contrôler la qualité des affirmations. Au contraire, les publications scientifiques sont relues par les pairs avant d'être validées. Comment promouvoir une vulgarisation de qualité?

salaniephile

Je remercie Alexandre d'avoir cité mon post sur https://economistes.blogs.liberation.fr/chiffrage/2007/03/le_12_fvrier_da.html

Le débat sur le fait de savoir s'il est possible et souhaitable de baisser les PO en France ne me semble pas clos.

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