Comme beaucoup d'autres, j'ai déjà eu l'occasion de souligner le mélange d'hypocrisie et d'optimisme touchant avec lequel le plan de contrôle des émissions de gaz à effet de serre a été concu et appliqué dans l'Union Européenne. Pour résumer, la Commission a laissé les Etats libres (ou presque, comme on va le voir) de décider combien de "permis de polluer" ils allaient mettre sur le marché, et comment ils allaient les allouer. Naturellement, beaucoup d'Etats membres ont émis une quantité surréaliste de permis, au point de n'imposer aucune contrainte réelle à leurs producteurs.
Mais voici que la Commission décide d'exercer pour de bon (peut-être) ses pouvoirs de vérification que les plans des Etats-membres sont bien conformes aux bonnes intentions proclamées par le Conseil des Ministres. Et pan ! Pas moins de dix membres sont épinglés, et pas des moindres : l'Allemagne, par exemple, si vertueuse pourtant dans le développement des énergies renouvelables (éoliennes par exemple), est montrée du doigt dans plusieurs des plus importants domaines. (A la différence du Royaume-Uni, qui a "simplement" omis de remettre la liste des permis par installations, comme tant d'autres).
Evidemment, le fait que cette annonce soit publiée le jour-même où la Commission révèle qu'elle va passer l´éponge sur les dépassements budgétaires de la France ne rend pas très optimiste sur sa volonté de recourir à des sanctions contre les mauvais joueurs...et la France, justement ? Notre absence de cette liste a une explication simple : nous avons demandé un délai supplémentaire pour rendre notre copie ! Nul doute que la Commission s'en pourlèche les babines d'avance.

Il me semble evident qu'un systeme ou les Etats distribuent gratuitement des permis a leurs entreprises nationales ne peut pas fonctionner, pour cause de "patriotisme economique".
Pourquoi donc la Commission n'a t elle pas choisi un systeme de mise aux encheres centralisé? Cela avait pourtant ete extremement efficace, pour les budgets nationaux, lors de l'attribution des frequences hertziennes.
Rédigé par: Adam S. | 29 novembre 2006 à 17:46
Non, il ne faut pas dire ça, nous avons la chance d'avoir une administration sérieuse qui ne veut donc pas dire n'importe quoi ...elle prend le temps de réfléchir voila tout !
Je dois dire qu'il y là bel et bien un bel objet de curiosité prospective, attendonz on aura certainement l'occasion de sourir.
Bien à vous Salluste
Rédigé par: Salluste | 29 novembre 2006 à 18:11
Je suis assez surpris que vous tombiez dans les pièges du "réchauffisme", d'autant plus qu'il y a là des problématiques sur l'établissement des preuves assez proches de clles rencontrées en économie.
> la réalité du réchauffement climatique est sujet à débat (j'ajoute que la notion même de climat global est contestable).
> en admettant que le réchauffement soit réel, la contribution d'origine humaine est aujourd'hui inconnue, tous ceux qui affirment le contraire ont un avis baisé. Par exemple, la vapeur est un gaz à effet de serre 100 fois plus puissant que le CO2, or l'influence humaine sur le cycle de l'eau n'est pas maîtrisée. Par exemple encore, certains pensent que les bombardements de particules en haute altitude dus aux cycles solaires favoriseraient (toujours le conditionnel) la formation de nuages augmentant l'effet de serre et que ce phénomène naturel serait bien plus influent que le CO2 humain.
> Enfin, point essentiel passé sous silence dans 99 % des cas, rien, absolument rien, ne nous permet d'affirmer qu'un réchauffement climatique éventuel serait globalement néfaste. D'ailleurs, cette idée de "globalement néfaste" est en soi infondée : tous les effets sont par nature locaux : bons ici, mauvais là. Lorsque le climat était plus chaud, un pays maintenant glacé a été appelé Groenland, "pays vert", n'était ce pas mieux ?
> or, le coût de la diminution des rejets de C02 est gigantesque. Vu l'incertitude autour du réchauffement climatique, il est idiot de faire d'énormes efforts sur des bases aussi incertaines.
> la démarche la plus rationnelle consiste donc à pallier les conséquences néfastes du réchauffement climatique si il arrive et quelles qu'en soient les causes. En effet, réagir plutôt qu'anticiper présente plusieurs avantages :
>> résoudre le problème des incertitudes sur la réalité et sur les causes : on ne réagira que si le réchauffement arrive, que les causes soient humaines ou non, et que là où c'est nécessaire.
>> garder les conséquences positives de l'éventuel réchauffement (bien sûr qu'il y en aura)
>> permettre d'aider les pays du tiers-monde, alors qu'une récession mondiale engendrée par les efforts de diminution du CO2 toucherait d'abord les pays pauvres.
La question du réchauffement climatique étant réglée rationnellement, on est bien obligé de constater que les solutions proposées par les partisans du réchauffisme sont très éloignées de la rationalité.
Le réchauffisme a en réalité un caractère religieux net, religion dont les prêtres se font payer en notoriété (N. Hulot), en pouvoir (J. Bové, T. Blair, A. Gore) ou en crédits de recherche.
Les religions ne sont pas condamnables en soi tant qu'elles laissent l'incroyant en paix. Elles tendent quelquefois à paraître un rien ridicules à l'agnostique, mais ce n'est pas très grave.
Cependant, le réchauffisme recèle trois risques, par ordre croissant de profondeur :
> l'incitation à de mauvaises mesures (exemple type : le protocole de Kytoto)
> l'antilibéralisme, alors que l'on sait bien que la libéralisation des échanges fait la richesse des nations et des hommes.
> l'irrationalisme, c'est-à-dire le contraire de tout ce qui a fait le progrès depuis quatre siècles.
Enfin, on peut résumer l'état actuel de nos connaissances par la métaphore suivante :
un homme urine dans une rivière qui se jette dans un lac qui déborde. On ne sait pas si le débordement du lac est néfaste ou non, mais les écologistes affirment à l'homme qu'il a porté atteinte à la nature et qu'il doit remettre les choses en place en ramenant le lac à son niveau d'origine à l'aide d'un dé à coudre.
Rédigé par: Franck Boizard | 12 décembre 2006 à 15:24
il faut lire "avis biaisé" et non "avis baisé" qui est vulgaire !
Rédigé par: Franck Boizard | 13 décembre 2006 à 03:30
Pendant que j'y suis, un site parmi d'autres :
http://www.climat-sceptique.com/
Rédigé par: Franck Boizard | 13 décembre 2006 à 15:53
"Pourquoi donc la Commission n'a t elle pas choisi un systeme de mise aux encheres centralisé?" (Adam S) "le coût de la diminution des rejets de C02 est gigantesque" (Franck B)
Question et commentaires qui tendraient à montrer que les intéressés n'ont pas lu le rapport Stern, sinon Adam y ferait référence, et Franck n'écrirait pas une chose pareille. Puisque ce dernier use de la métaphore, empruntons nous aussi une image : s'adapter (ou lutter contre) le dérèglement climatique, c'est comme l'assurance, ça ne sert à rien... tant qu'on a pas d'accident.
Le problème, c'est que les "accidents" climatiques deviennent de moins en moins accidentels à force de réoccurrence (tempête "du siècle" en 1999, inondations européennes en 2002, canicule exceptionnelle en 2003, nombre records d'ouragans aux US en 2005).
Stern a aussi évalué les avantages et inconvénients du réchauffement en cours, et le bilan ne semble pas positif. Maintenant, une fois fondues les glaces du Groenland et monté le niveau de la mer, si Franck veut organiser la migration du Bengladesh, Océan Indien & Océanie vers le Pays Vert, ça risque d'empiéter sur son temps de blog...
P.H.
Rédigé par: Patrick Hubert - FinÆnviro | 14 décembre 2006 à 19:06
Question : pourquoi évoque-t-on toujours le Bangladesh comme victime de l'éventuelle montée des eaux et non les Pays-Bas ? Pourtant, ces deux pays se situent au même niveau par rapport à la mer. Ne serait-ce pas qu'aucune catastrophe n'est vraiment naturelle, que ses effets dépendent toujours des pays sur lequel elle tombe ? Que le même tremblement de terre fait 3 morts à Tokyo et 4 000 à Islamabad ?
N'accuse-t-on pas la nature ou éventuellement les rejets de CO2 de choses qui sont d'une autre responsabilité ?
Enfin, concernant la métaphore de l'assurance :
> je ne m'assure pas contre quelque chose hors de raison, par exemple je n'assure pas ma maison contre les accidents de voiture.
> si' l'assurance vaut plus cher que la valeur de ce que je protège, je préfère ne pas être assuré.
Décidément, si les écologistes ont réussi à me convaincre d'une chose, c'est non pas du réchauffement climatique d'origine humaine mais de leur ingéniosité : ils ont su trouvé le scénario catastrophe qui leur permettait de gagner notoriété, crédits, voix et pouvoir. Bravo, sincèrement bravo.
Rédigé par: Franck Boizard | 15 décembre 2006 à 17:53
Excusez moi, j'ai oublié de vous répondre :
"Maintenant, une fois fondues les glaces du Groenland et monté le niveau de la mer, si Franck veut organiser la migration du Bengladesh, Océan Indien & Océanie vers le Pays Vert, ça risque d'empiéter sur son temps de blog... "
Sans problèmes : c'est une question de temps, le niveau de l'eau ne montera pas en jour, si il monte. Je vais donc aller passer 2 ou 3 semaines par an au Bangladesh pendant 30 ans pour discuter avec les autorités locales de leurs plans d'urbanisme cotier.
Rédigé par: Franck Boizard | 15 décembre 2006 à 17:58
Monsieur,
je réalise un article sur le développement durable dans le cadre des présidentielles 2007 et j'aimerais avoir l'avis éclairé d'un économiste de votre qualité.
Le Pacte écologique de Nicolas Hulot ayant été signé par la majorité des candidats (15 sur 25 selon la Fondation Nicolas Hulot), je me demande dans quelle mesure une économie basée sur le développement durable est applicable en France? C'est à dire, combien ce changement coûterait au contribuable, est-ce que le pays peut affronter ce coût et est-ce économiquement viable à long terme?
J'ignore dans quelle mesure vous pourrez me répondre Monsieur, mais peut-être que le sujet vous intéressera.
Sincères salutations.
Alix Rufener, étudiante en journalisme 3ème année, Paris
Rédigé par: alix Rufener | 05 mars 2007 à 05:08