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En exergue :

  • Frank Ramsey, "Truth and Probability" (1926)
    The highest ideal would be always to have a true opinion and be certain of it; but this ideal is more suited to God than to man.
  • Jules Bertaut, "1848 et la Seconde République" (1937)
    L'enthousiasme est pour rien chez nous : aussi les Français, peuple avare par excellence, le répandent-ils avec une générosité qui n'a d''egale que leur versatilité.
  • Turgot, lettre à Du Pont (1773)
    C’est au public lisant et réfléchissant qu’il faut parler, c’est à lui qu’il faut plaire, lui et lui seul qu’il faut persuader ; toutes les flagorneries aux gens en place, tous les petits détours dont en s’enveloppe pour ne pas les choquer sont une perte de temps écartant du vrai but et ne réussissant même pas à faire sur eux l’impression qu’on s’est proposée.

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Commentaires

Laurent GUERBY

Y-a-t'il des études qui évaluent (à la louche) le cout par zone géographique d'un des scénarios prévu par les scientifiques ?

Antoine belgodere

Laurent : il y a ça ici :
http://www.econ.yale.edu/%7Enordhaus/homepage/web%20chap%204%20102599.pdf
bien que ça ne soit pas le plus récent

Laurent GUERBY

Merci Antoine.

Bernard Salanie

Back in the US... Nordhaus a ecrit une quantite d'articles, et un livre sur son modele climatico-economique (DICE ou RICE, selon les versions). Ses resultats ne font pas l'unanimite, mais certains points paraissent peu contestables :
* Kyoto faisait porter l'essentiel du poids de l'ajustement sur les Etats-Unis
* la R&D sur la reduction des emissions est une priorite des priorites que l'accord passait sous silence.
Le point le plus delicat est l'analyse couts-benefices ; supposons par exemple que le niveau de la mer s'eleve de 1 m dans l'Ocean Indien. De nombreuses iles doivent etre evacuees par leurs habitants, cout pharamineux... sauf si on construit des mini-murs sur les plages, cout nettement plus raisonnable...mais les touristes ne vont pas aimer, gros choc negatif pour l'economie de ces iles, etc etc. Le calcul est deja tres complexe pour l'archipel de Sanzunron (merci Achille), vous imaginez les difficultes au niveau planetaire. Il y a egalement des problemes conceptuels tres delicats, qui vont du choix du taux d'escompte a la prise en compte de l'incertitude. Pour simplifier : supposons qu'il y ait une chance sur 100 pour que New York soit submergee par l'Ocean dans cent ans---hypothese A. Admettons que nous soyons prets a payer 100 trillions de dollars pour eviter ce desastre de maniere certaine *s'il devait se produire avec certitude (en l'absence d'intervention) demain*---hypothese B. Dirons-nous que nous sommes donc prets a payer 1 trillion (100*1/100) dans l'hypothese A ? Sans doute pas ; notre aversion pour le risque nous conduirait a etre plus prudents, mais de combien ? Et si cette probabilite de 1 sur 100 n'est qu'une evaluation grossiere ? Et comment prendre en compte le fait que je serai mort au moment ou cela se produira (et que de plus, NYU est plus menacee que Columbia :-), mais pas les generations futures, etc ? Il serait vraiment tres arrogant de produire un chiffre qui ne soit pas assorti d'une tres grosse marge d'erreur.

Mulot

Quel peut être le sens d'une démarche écologique à un échelon national ? Plus exactement, en mettant de côté les passions ursines de notre Bien-Aimé Président, quel rôle peut s'attribuer un élu national (même français, et donc, génial) en ce qui concerne les questions écologiques qui sont, 1) globales (et en aucun cas nationales) 2) objet de débat scientifique (encore plus que l'économie) 3) bien plus affaire de comportement individuel et collectif que de prescriptions.

Corinne

Le role de l'elu national est enorme. A minima, il doit au moins respecter les accords pris, afin que les demarches collectives reussissent (voir la position de Duval dans Liberation qui explique que la France joue allegrement les passagers clandestins dans les efforts europeens sur les quotas de CO2: http://www.liberation.fr/opinions/rebonds/198490.FR.php).

Bernard Salanié

Tu as raison, Corinne. J'explique : les engagements de la France à Kyoto consistaient à maintenir les émissions au même niveau (en moyenne sur 2008-2012, par rapport à 1990). C´était une cible moins agressive que les -8% de l'Union Européenne : la France utilise beaucoup d´énergie nucléaire, peu émettrice de gaz à effet de serre. Ensuite, on est tombé dans l'exemple type du mauvais usage de l'Europe, ou comment se défausser d'un problème. Dans un bel enthousiasme vertueux (au moins en public), les membres de l'Union se sont mis d'accord pour former une `bulle´ au sein de laquelle on échangerait des droits d'émission, conformément à une clause de Kyoto. Ensuite, rien ne va plus : les pays décident d'eux-même, `avec l'assistance de la Commission' 1) combien de quotas ils vont allouer---soit effectivement bien plus qu'il n'en faudrait, cela surprend quelqu'un ? 2) à qui ils vont les allouer, soit bien plus souvent de manière `dirigée' que par enchère, quand a-t-on vu un politicien renoncer à distribuer des rentes ? 3) quelles sanctions ils vont imposer aux violateurs dans leurs pays---du simple au mille-uple ! Mais qu'on se rassure, la Commission prépare de nouvelles `guidelines', tout est là si vous savez lire l'eurodiscours :

http://ec.europa.eu/environment/climat/emission.htm

'La maison brûle et nous regardons ailleurs' (Jacques Chirac, Johannesbourg, septembre 2002). Je m´étonne que personne n'ait sorti une poupée-Chirac qui gazouillerait de manière aléatoire son répertoire de phrases grandiloquentes restées lettre morte.

Antoine belgodere

BS : il y a une qualité qu’on ne peut nier à Nordhaus, c’est la transparence. Le livre présentant ses deux modèles est en ligne gratos :
http://www.econ.yale.edu/%7Enordhaus/homepage/web%20table%20of%20contents%20102599.htm
de même que les codes GAMS des mêmes modèles :
http://www.econ.yale.edu/%7Enordhaus/homepage/dice_section_IV.html
Pour les personnes qui ont accès au logiciel GAMS (j’en suis :-) ), c’est très précieux, car on peut faire tourner le modèle 150'000 fois avec, à chaque fois, des paramètres différents si l’on estime qu’il a été trop optimiste ou trop pessimiste sur tel ou tel point. Ca aide à clarifier le débat : plutôt que de dire « Nordhaus se plante car il surestime les capacités d’absorption des océans », je peux tout à fait faire tourner son modèle avec une capacité d’absorption plus faible. A la limite, en bidouillant un peu, je peux même la rendre non-linéaire.
Au fait, une prime de risque est bien présente dans le modèle, pour évaluer les événements catastrophiques.
Pour ceux qui n’ont qu’Excel, une version Excel de ces modèles est également en ligne :
http://www.econ.yale.edu/%7Enordhaus/homepage/dice_section_V.html
Ce sont des versions un peu différentes des modèles (plus simples), qui donnent donc des résultats un peu différents.

Mulot

"Le role de l'elu national est enorme. A minima, il doit au moins respecter les accords pris, afin que les demarches collectives reussissent"

Je pense comprendre l'argument (enfin, j'essaie).

Pourtant, dans des sociétés qui se disent libérales, c'est essentiellement l'usage que fait l'individu de sa liberté qui détermine la taille de l'empreinte éconologique.

Comment l'élu national pourrait-il faire respecter les engagements qu'il prend ? Par la force ? Soyons sérieux deux minutes. L'action policière ? idem (bien que l'idée séduirait certainement les partisans de Royal et Sarkozy). La règlementation ? Dans ce cas, la Commission Européenne a démontré son efficacité. Par des mécanismes économiques ? (façon gestion de la consommation de tabac par les taxes) : dans ce cas, pour éviter quelque nouveau dirigisme, je préfère laisser travailler les économistes (scientifiques) voir ce qu'ils pourraient éventuellement proposer (mais alors, s'il vous plait, vite...) et, dans ce cas, chercher une application à un échelon éventuellement adapté à l'outil proposé.

S'il s'agit d'appel à la responsabilité individuelle ou, tout simplement, d'aider la communauté des citoyens à prendre conscience du péril qu'elle fait peser sur ses enfants, pardonnez-moi de penser que ce sujet est bien trop grave pour être géré par des politiques.

D'una manière plus générale et plus philosophique, la question posée (environnementale, allocation de ressources rares, gestion du biotope) n'a de sens que si elle est effectivement grave. Si elle est effectivement grave, de par sa nature même (vie et mort) et sa portée (globale) elle devient instantannement très grave : si elle est effectivement très grave, doit-on déléguer sa gestion à des élus ? Doit-on la laisser gérer par des personnes confondant trop souvent idéologie, intérêt privé, intérêt public, présent, et avenir ? à mon avis, "ça se discute"

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