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En exergue :

  • Frank Ramsey, "Truth and Probability" (1926)
    The highest ideal would be always to have a true opinion and be certain of it; but this ideal is more suited to God than to man.
  • Jules Bertaut, "1848 et la Seconde République" (1937)
    L'enthousiasme est pour rien chez nous : aussi les Français, peuple avare par excellence, le répandent-ils avec une générosité qui n'a d''egale que leur versatilité.
  • Turgot, lettre à Du Pont (1773)
    C’est au public lisant et réfléchissant qu’il faut parler, c’est à lui qu’il faut plaire, lui et lui seul qu’il faut persuader ; toutes les flagorneries aux gens en place, tous les petits détours dont en s’enveloppe pour ne pas les choquer sont une perte de temps écartant du vrai but et ne réussissant même pas à faire sur eux l’impression qu’on s’est proposée.

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Commentaires

Deux centimes

"CDLM pensent que la causalité la plus nette va de l'éducation vers le niveau de santé puis vers le revenu : les populations mieux éduquées veillent mieux à leur santé, sont plus demandeuses de soins ; et étant en meilleure santé, elles sont plus à même de travailler efficacement."

On peut éventuellement à l'occasion d'études de marché ou de sondages se convaincre de l'existence une bonne corrélation entre niveau d'étude et sensibilité aux grandes idées de l'écologie dans toute leur complexité (laquelle ne se traduit donc pas forcément par des intentions de vote capitalisables, ce qui n'a rien d'étonnant vu l'hypothèse) et notamment ce qui impacte sur la santé présente et dans l'avenir. D'ailleurs, la distinction entre concepts économiques et concepts écologiques s'efface également au fur et à mesure que le niveau d'étude du sujet français étudié s'élève.

Laurent GUERBY

Excellent résumé merci !

Le papier est ici :

http://www.wws.princeton.edu/~rpds/downloads/cutler_deaton_lleras-muney_determinants_mortality_nberdec05.pdf

Je suis curieux de savoir quel est le pays a 5000$ de GDP et 75 ans d'esperance de vie (a droite de l'inscription "China").

Matthieu

"CDLM pensent que la causalité la plus nette va de l'éducation vers le niveau de santé puis vers le revenu : les populations mieux éduquées veillent mieux à leur santé, sont plus demandeuses de soins ; et étant en meilleure santé, elles sont plus à même de travailler efficacement."

Je ne suis pas vraiment convaincu par cette chaîne logique.

¤ Il n'est pas nécessaire d'être très instruit pour tenir à la santé. Pour s'en convaincre, on peut imaginer que la demande de soin est de même nature que la demande d'éducation, car les deux poussent l'individu au développement du corps et de l'esprit, à une vie plus facile. Et alors, avec cette hypothèse, en reprenant la logique de CDLM, il faudrait être instruit pour éprouver le besoin d'éducation. C'est absurde ; il faut plutôt se convaincre que la demande de soins ou d'éducation est soit naturelle, soit inspirée par d'autres personnes, des médecins ou des chercheurs en l'occurence.

¤J'aurais plutôt pensé (évidemment, je ne suis ni C, ni D, ni LM) que l'amélioration de la santé a deux causes :
- l'amélioration des connaissances médicales
- une plus grande accessibilité aux soins.
C'est la deuxième cause qui semble être au coeur du problème. Et j'ai du mal à voir pourquoi l'interprétation logique de CDLM aurait plus de valeur que celle-ci : la causalité irait du revenu vers le niveau de santé, les individus ne pouvant souscrire à des soins que si leurs revenus leur permettent d'acheter des médicaments et de payer un médecin. Il ne faut pas croire que les gens peu instruits tiennent peu à la vie. Toutefois, l'amélioration de la santé constatée au niveau mondiale bénéficierait alors, dans les pays pauvres, de l'amélioration des connaissances médicales. Ainsi, des deux causes que j'ai ennoncées, on peut penser que la première bénéficie à tout le monde, et la seconde aux riches.

Denys

Excessivement intéressant. On peut parier que nombre de ces pays de faible population, PIB moyen et bonne espérance de vie appartiennent à l'ex Europe de l'Est ; je voterais bien pour les Baltes, par exemple.
Quant au lien entre éducation et santé, il deviendra d'autant plus évident si l'on prend en considération le fait que ce qui compte pour la longévité, ce n'est pas tant d'être bien soigné que de ne pas tomber malade. Là, les habitudes alimentaires, la pratique sportive, la consommation de tabac et d'alcool, tous fait culturels généralement associés aux catégories sociales les mieux éduquées jouent un rôle prépondérant.

Matthieu

" ce n'est pas tant d'être bien soigné que de ne pas tomber malade"
Soit, dans ces conditions.
D'ailleurs, voici un lien pour calculer son espérance de vie à partir de ces comportements que vous citez. A mon avis c'est tout-à-fait incomplet, mais ça peut faire peur si on a de mauvaises habitudes (d'ailleurs, Denys, pour réfuter votre argument, j'ai passé deux ans à ne dormir que quatre heures par nuit, réduisant ainsi mon espérance de vie, pour étudier d'avantage [je me suis un peu calmé maintenant], me faisant ainsi entrer je pense dans les "catégories sociales les mieux éduquées". C'est paradoxal, même si dans l'ensemble votre argument tient la route).

Le lien : http://coeurdefond.free.fr/lesentrainementvotrepoids.htm
(cliquer sur Omer, et en exécutant le programme vous trouverez un onglet pour le calcul de cette fameuse espérance de vie)

Bernard Salanie

Quand CDLM remarquent que les personnes mieux eduquees ont un meilleur etat de sante, ils resument les resultats d'une quantite d'etudes, qui corrigent naturellement pour l'effet a la fois du revenu (en ce qu'il permet d'avoir acces a de meilleurs soins) et des conduites a risque (les pauvres fument plus, mangent plus d'aliments nefastes, etc). C'est ce qui rend cette observation non triviale.

Matthieu

Je comprends tout-à-fait vos arguments, mais cette chaîne logique me gêne un peu (même si je conçois qu'elle est bien inspirée), dans la mesure où, entre autres, je lis une confusion entre éducation et instruction. Peut-être beaucoup assimilent-ils les deux notions, mais ni l'académie française, ni les spécialistes originels de la question, comme Condorcet qui délaye cette différence dans son premier traîté sur l'instruction publique, ne le font.
Voilà, je crois que je cherche un peu trop le détail pour sauver mon point de vue, critiquant un manque de rigueur que vous tenterez de nier en prétextant une forte corrélation entre instruction et éducation.

Matthieu

Avec le programme dont j'ai déjà transmis le lien, et qui est aussi basé sur "les resultats d'une quantite d'etudes", on trouve la même espérance de vie de 65 ans pour le profil de la personne victime d'une grande instruction et éducation, qui travaille beaucoup pour un job stressant qui lui vole une partie de son sommeil (et pourtant il a la chance d'avoir un grand-parent qui atteint les 85 ans, contrairement à l'autre cobaye), et pour un autre, fumant et buvant beaucoup, en plus d'une nourriture exécrable, mais ne subissant pas le stress d'un travail trop exigeant intellectuellement.

Bernard Salanie

Matthieu, on trouve de tout sur le Web... il faut faire le tri ! Par ailleurs : "education" et "instruction" n'ont pas le meme sens en anglais qu'en francais. En anglais, et pour caricaturer, "education" fait reference a l'enseignement, "instruction" a un sens plus applique---"instructions for filling out this form", etc.

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