L'un des thèmes préférés de The Economist est "brains, not brawn" : l´évolution technologique, en dévaluant la force au profit de qualités plus intellectuelles, ou émotionnelles, réduirait le salaire relatif des hommes et donc le gender gap. C'est sans doute vrai ; mais l'automatisation a aussi frappé des secteurs où les femmes étaient majoritaires et valorisées pour leurs "capacités traditionnelles": minutie, attention aux détails---notez bien les guillemets SVP. Certains de ces secteurs sont un peu oubliés aujourd'hui. David Grier a ainsi publié un livre qui explique comment les tâches de calculs étaient réalisées avant la diffusion de l'ordinateur : souvent par des femmes, comme à Los Alamos où les physiciens phosphoraient et leurs femmes cunutaient. Il a pu sembler entre 1900 et 1940, en gros, que l'accroissement des besoins en calcul scientifique créerait un nouveau cadre d'emplois ; mais l'effondrement du coût du calcul automatique en a décidé autrement. Grâce à Dieu, l'Etat n'avait pas encore créé un corps de calculatrices....

"Grâce à Dieu" ? c'est ce qui s'appelle une excellente intégration à la culture américaine...
Rédigé par: Eiffel | 15 août 2006 à 15:30
Personellement, je suis interressé par les vues du Dr Salanié sur les différents corps français...
Rédigé par: Blaise | 15 août 2006 à 17:34