- Fitzgerald: The rich are different than you and me.
- Hemingway: Yes, they have more money.
Cette accumulation primitive joue dans l'économie politique à peu près le même rôle que le péché originel dans la théologie. Adam mordit la pomme, et voilà le péché qui fait son entrée dans le monde. On nous en a expliqué l'origine par une aventure qui se serait passée quelques jours après la création du monde.
De même, il y avait autrefois, mais il y a bien longtemps de cela, un temps où la société se divisait en deux camps : là, des gens d'élite, laborieux, intelligents, et surtout doués d'habitudes ménagères; ici, un tas de coquins faisant gogaille du matin au soir et du soir au matin. Il va sans dire que les uns entassèrent trésor sur trésor, tandis que les autres se trouvèrent bientôt dénués de tout. De là la pauvreté de la grande masse qui, en dépit d'un travail sans fin ni trêve, doit toujours payer de sa propre personne, et la richesse du petit nombre, qui récolte tous les fruits du travail sans avoir à faire oeuvre de ses dix doigts.
Even in Congress's own sloppy paperwork, the bottom line for junketeering looks shameful: over just five and a half years, lawmakers and members of their staffs went off on 23,000 "fact-finding" trips worth almost $50 million, with the tab picked up by private sponsors intent on capturing legislative access and favors. Expense-paid fact finding proved particularly irresistible in Paris, the destination of more than 200 trips, Hawaii (150) and Italy (140).
What can be added to the happiness of the man who is in health, who is out of debt, and has a clear conscience? To one in this situation, all accessions of fortune may properly be said to be superfluous; and if he is much elevated on account of them, it must be the effect of the most frivolous levity.
The desire of food is limited in every man by the narrow capacity of the human stomach; but the desire of the conveniences and ornaments of building, dress, equipage and household furniture, seems to have no limit or certain boundary.
The uniform, constant and uninterrupted effort of every man to better his condition, the principle from which public and national, as well as private opulence is originally derived, is frequently powerful enough to maintain the natural progress of things toward improvement, in spite both of the extravagance of government, and of the greatest errors of administration.
That wealth and greatness are often regarded with the respect and admiration which are due only to wisdom and virtue, and that the contempt, of which vice and folly are the only proper objects, is often more unjustly bestowed upon poverty and weakness, has been the complaint of moralists of all ages.
And thus, place, that great object of the wives of aldermen, is the end of half the labours of human life; and is the cause of all the tumult and bustle, all the rapine and injustice, which avarice and ambition have introduced into this world.

"l'avidité est la base de l'activité économique."
Laquelle repose d'ailleurs sur le postulat implicite selon lequel les ressources désirables sont rares. Le fait que ce postulat soit absent, voire hors-sujet pour les cultures africaines, animistes et bouddhistes, explique sans doute en partie les échecs passés, présents et à venir des tentatives visant à leur imposer quelque "progrès" économique que ce soit, et donc, l'échec programmé de tout universalisme reposant fondamentalement sur une avidité universellement partagée mais prétendant respecter la diversité culturelle.
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"Est riche celui qui donne beaucoup"
tradition orale nord-africaine
Rédigé par: Ha, la vache ! | 13 juin 2006 à 10:38
D'où le retour à la question que je me pose continuellement : pourquoi continuer à amasser de l'argent quand on en a plus que ce que l'on peut dépenser dans une vie, voire dans deux si on considère la génération suivante...?
Rédigé par: julia | 14 juin 2006 à 05:51
julia: le nombre de personnes sujettes à un tel comportement reste malgré tout très faible : en tout cas, probablement inférieur au nombre de schizophrènes délirants en liberté. Peut-être doit-on simplement les considérer comme des cas marginaux ?
Il est vrai qu'il eme semble difficile de dénombrer le nombre d'individus fixant eux-même un plafond à la fortune qu'ils estiment suffisante et cessent alors de se consacrer au service social[*] par lequel ils s'enrichissent. Une idée ?
[*] terminologie adaptée au contexte de publication
Rédigé par: Golfeur | 14 juin 2006 à 15:28
est-ce que ce n'est pas le fait d'avoir "plus" (que les autres, ou que le mois d'avant) qui fait courir le monde, plutot que le fait d'avoir "beaucoup" ?
Rédigé par: Matthieu | 15 juin 2006 à 07:57
Julia: votre question suppose une conception très réductrice de l'argent. L'argent ne serait qu'une fin en soi, il ne servirait qu'à être dépensé. Il permettrait de s'offrir subsistance et confort, le reste n'étant que superflu.
Les constructeurs et entrepreneurs que raille Salanié ne fonctionnent pas du tout comme ça. Pour eux, l'argent est (dans cet ordre)
1. un outil
2. un benchmark
3. un juste retour
1. un outil pour continuer à développer leur business (Lashkmi Mittal, Bernard Arnault...); pour aider (à titre onéreux bien sur) d'autres entrepreneurs à développer leur business (Paul Allen...); pour réaliser un rêve (Richard Branson...) ou pour une oeuvre (Alfred Nobel, Bill Gates...) ou les 4 à la fois.
2. un benchmark parce que tout le monde aime l'argent et veut en gagner plus. Vous, moi, Bill Gates, un RMIste... L'argent est un excellent (le meilleur?) moyen pour mesurer sa réussite.
3. Un juste retour : les bâtisseurs-entrepreneurs font rarement des cadeaux. Mais au bout du compte, quelqu'un qui a créé une entreprise qui marche a apporté énormément aux stakeholders de sa société (clients, fournisseurs, partenaires, salariés, actionnaires, état...) Et qui apporte beaucoup mérite beaucoup.
Les bâtisseurs-entrepreneurs sont des gens extrêmement ambitieux, actifs, ingénieux, inventifs, débrouillards, charismatiques, brutaux, énergiques, opportunistes et compétitifs. Leur rapport à l'argent et au temps n'a rien à voir avec celui de personnes plus... passives. On a souvent vu des entrepreneurs ayant vendu leur société avec des earn-outs importants (ie. une partie du prix de vente n'est payée que 2 ou 3 ans après la cession, à la condition que l'entrepreneur soit resté salarié de la société et qu'il ait respecté des clauses de non-concurrence etc...) renoncer à des millions pour se "libérer" et pouvoir lancer un nouveau projet plus tôt.
Votre question n'a pas de sens pour ces gens-là :
"Pourquoi continuer à amasser de l'argent..." : ils n'amassent pas de l'argent, ils créent, ils construisent, et l'argent vient s'ils réussissent.
"... quand on en a plus que ce que l'on peut dépenser ..." : leur argent n'a pas pour vocation première d'être dépensé ou consommé, mais d'être réinvesti. Vous avez vu comment s'habille Bill Gates?
Rédigé par: Liberal | 15 juin 2006 à 13:43
Est-ce être passif que de décider d'être bénévole dans différentes associations ? Est-ce être passif de décider d'être au service des autres en sachant que le salaire ne sera pas très généreux ? Est-ce être passif d'être ouvrier (plombier, maçon, ....) pour un salaire ridicule qu'on leur conteste en plus sous prétexte qu'un salaire minimum n'est pas productif pour notre société ? Est-ce être passif que de rester en bas de l'échelle sociale parce que le seul objectif ponctuel est de pouvoir manger jusqu'à la fin du mois ?
Tout ça pour dire que ce n'est pas parce qu'on est beau, riche et libéral qu'on est le seul à être actif et utile à la société. Et que si un entrepreneur permet à ses employés de vivre, l'inverse est aussi vrai . La seule différence, c'est que certains peuvent encore (et pourront toujours) faire des choix et d'autres ne le pourront jamais (sauf à croire encore que la réussite est à la portée de tous et qu'il suffit de la vouloir, ce qui est de moins en moins vrai aux Etats-Unis)
Rédigé par: julia | 21 juin 2006 à 12:45
la seule excuse pour ne pas être riche,c'est d'être en tôle,alors bossons,fainéants que nous sommes!
Rédigé par: hamza | 02 août 2006 à 21:52