Le B2C, pour les ignares qui se seraient égarés sur ce blog, c'est le "business-to-consumer": la vente directe au consommateur sur Internet. Comme chacun sait, de très nombreuses entreprises se sont lancées dans ce secteur dans la deuxième moitié des années 90. Certaines d'entre elles ont réussi des introductions en bourse triomphales, avant de fermer leurs portes après le retournement de 2000. On entend couramment dire que seules les entreprises qui ont inventé un modèle nouveau (Ebay, qui fait plus du C2C que du B2C) ou qui ont fidélisé leurs clients très tôt (Amazon) peuvent s'en sortir (très bien dans le premier cas, de manière moins confortable dans le second). Cette publication de l'INSEE montre néanmoins que le B2C poursuit benoîtement son développement en France : son chiffre d'affaires (on ne parle pas de profits...) aurait augmenté de moitié entre 2003 et 2004. Certes, sa part de marché reste faible : elle n'a dépassé 5% que pour les dépenses liées aux voyages et pour le matériel informatique. Dans des secteurs comme la vente de livres, on en reste à 1%, pas plus ; environ 4% pour les CD. Usque non ascendant? Bonne question. La note de l'INSEE montre que le développement du B2C (on s'en doutait un peu) est très lié à 1) la familiarité avec l'outil informatique ; 2) la diffusion du haut débit. Coemme ces deux facteurs ont encore une marge de progression importante, certains secteurs "bricks and mortar" ont du souci à se faire. Quand les jeunes retraités seront équipés et familiers de l'ordinateur, les entreprises dont les revenus dépendent beaucoup de leur clientèle (je pense notamment aux agences de voyage) seront en grand danger.

"les entreprises dont les revenus dépendent beaucoup de leur clientèle" : il y a des entreprises dont les revenus ne dépendent pas beaucoup de leur clientèle ?
Rédigé par: Paxatagore | 14 septembre 2005 à 02:12
Je pense que dans la phrase, "leur" fait référence aux jeunes retraités :-)
Rédigé par: econoclaste-alexandre | 14 septembre 2005 à 10:35
Ce blog est décidément formidable : les lecteurs se chargent des réponses (justes) comme des questions (justifiées) ! :-)
Rédigé par: Bernard Salanie | 14 septembre 2005 à 11:32
La différence entre livres et CDs tient au contrôle des prix, à mon avis. La distribution sur internet a la capacité de jouer sur ce levier (voyages, par exemple) et sur une qualité de service (choix) supérieure. Là où ces deux leviers ne sont pas utilisables (prix unique du livre), on ne joue que sur le levier du choix. D'où un succès moindre. Cette vision est un peu caricaturale, mais explique bien le succès du voyage (prix, choix, capacité de comparaison en ligne sur un produit banalisé) ou du harware de type informatique ou électroménager. Le live reste prisonnier de la loi Lang.
Rédigé par: versac | 15 septembre 2005 à 06:32
Bonjour,
Que pensez-vous du développement du C2C ?
Actuellement à Londre je souhaiterais introduire un nouveau concept de C2C en France, ce concept fait ces preuves aux Etats Unis commence à se développer en Angleterre.
Cordialement.
Rédigé par: Bellhaj Nourredine | 12 février 2006 à 10:00