Le débat sur les réformes (toujours à attendre) de l'enseignement supérieur est vicié par la constante référence à l'exemple américain, que ce soit sous forme de repoussoir ou d'objet d'émulation. Mais bien peu de ses adorateurs comme de ses contempteurs semblent le connaître véritablement. Les premiers mettent l'accent sur les prix Nobel de Berkeley ou du MIT, en négligeant le fait que seules une vingtaine d'universités américaines peuvent prétendre à ce type d'honneur. Les seconds citent les frais d'inscription effectivement très élevés (de l'ordre de 40 000 dollars par an dans une bonne université privée), sans mentionner bien sûr que près de la moitié des étudiants (et beaucoup plus en ce qui concerne les thésards) bénéficient d'une exemption totale ou partielle, jointe souvent à une bourse d'entretien dont le montant ridiculise les dérisoires bourses accordées par le Ministère de l'Education Nationale en France.
C'est pourquoi ce texte de Bernard Belloc est le bienvenu. Bernard Belloc est professeur d'économie à Toulouse I, de loin le meilleur centre français en économie ; il a aussi présidé son université, et a été vice-président de la Conférence des Présidents d'Université. Il connaît donc très bien l'enseignement supérieur français, mais aussi les systèmes étrangers. La Fondation pour l'Innovation Politique (vaguement chiraquienne, toutes les bonnes idées sont à prendre d'où qu'elles viennent !) lui a demandé une analyse des universités publiques aux Etats-Unis, et le texte que je cite détaille l'organisation du système public d'enseignement supérieur aux Etats-Unis. Il démontre à mon sens que si on veut bien y mettre les moyens et renoncer à quelques vieilles lunes comme l'égalité des universités (qui n'a plus aucune réalité en France), on peut construire en France un système public de qualité sans abandonner deux principes de base :
- des frais d'inscription raisonnables, mis à la portée de tous par un vrai système de bourses ;
- le droit de tout bachelier à suivre un cycle d'enseignement supérieur.
Comme le texte de Belloc l'explique en détail, le système public californien y parvient en orientant les bacheliers (plus exactement les high school graduates) dans trois types d'établissements publics, selon leurs souhaits et leur dossier scolaire :
- dix "research universities" (dont les plus connues sont Berkeley et UCLA) qui constituent l'Université de Cailfornie proprement dite, et sont seules habilitées à délivrer des doctorats ; elles regroupent environ 10% des étudiants.
- vingt-trois "universités d'Etat" qui s'arrêtent au masters et scolarisent 20% des étudiants.
- et plus de cent "community colleges" qui s'arrêtent à ce que nous appellerions la licence.
Bien sûr, il y a entre ces trois niveaux une hiérarchie claire, en termes d'effectifs comme d'encadrement professoral ; et la dépense de l'Etat Californien par étudiant est environ le double de ce qu'elle est en France. Mais ceux qui croient encore qu'on pourra freiner le déclin lent mais constant des universités françaises en se contentant de saupoudrages de crédits et de mini-réformes consensuelles se trompent lourdement.

Ce système ressemble au système allemand (qui 'oriente' plus tôt, certes : Gymnasium, Haputschule et j'ai oublié la dernière voie).
Parmi les blocages que soulèverait un tel système en France, le fait que l'on considèrera le choix de l'université comme déterministe. La consigne actuelle : tout étudiant doit pouvoir aspirer à une thèse.
Rédigé par: François | 24 juillet 2005 à 18:58
Mais peut-on passer d'une catégorie à l'autre ou est-on condamné au université de "2e ou 3e zone" des lors que l'on avaiot pas,à 20 ans, la motivation ou l'information permettant de postuler à la 1ere zone ? Avec un systeme comme ca einstein qui s'etait fait lourder pour cause d'approche pas assez scolaire (mais aussi pour des raisons anti-semite comme le relate tres bien l'excellent "lettre de sciences et d'amour" qui reprend une partie de sa correspondance privée) ?
Rédigé par: Mouaif | 25 juillet 2005 à 03:08
Mouaif : on peut bien sûr passer d'un système à l'autre ; et je ne crois pas que ce qui est arrivé à Einstein vers 1902 à Zürich soit une très bonne indication de ce qui peut arriver à un étudiant californien en 2005...
Rédigé par: Bernard Salanié | 25 juillet 2005 à 05:24
BS : Je suis d'accord, mais reste que certains éléments passent mal à travers des processus de sélection tres scolaires. D'ailleurs a-t-on une étude qui regarde les corrélations entre les performances scolaires dans le secondaire et les performances ultérieures en termes de recherche ???
Rédigé par: Mouaif | 25 juillet 2005 à 08:38
Il ya beaucoup de mythes qui circulent sur cette question (aptitude scolaire et aptitude à la recherche), concernant Einstein par exemple, qui n'était certes pas le cancre qu'on dépeint parfois. Dans mon domaine, je ne connais pas de bon chercheur qui ait été mauvais dans le secondaire, et j'en connais un bon nombre qui étaient parmi les tous meilleurs---mais je serais heureux de me voir signaler les exceptions. La recherche est pour la plupart d'entre nous du "problem solving", avec une composante "transpiration" bien plus importante que la composante "inspiration" ; des qualités, en somme, pas trop éloignées de celles qui assurent la réussite scolaire.
Rédigé par: Bernard Salanié | 27 juillet 2005 à 03:13
Très intéressant. Et dans le fond, on n'est pas si loin en France de ce sytème à trois couches après le bac; Les IUT et BTS offrent des formations en deux ans à vocation opérationnelle, les prépas et grandes écoles jouant le rôle d'établissements plus élitistes. Et les universités au milieu, à la mission floue, manquant de moyens et cherchant à éliminer le plus possible d'étudiants durant les premières années pour faire une sélection vicieuse.
On peut constater au passage que ce système, en France, permet largement les passerelles : des étudiants avec DUT s'orientent ensuite vers des poursuites d'études si cela les intéresse. Evidemment, les passerelles vers les grandes écoles sont plus rares... Ce qui est au passage le problème de fond. Le système français est très fort pour produire très tôt une petite élite et lui offrir de larges moyens au sein des grandes écoles; Le système californien apparaît sur ce plan comme infiniment plus juste.
Rédigé par: econoclaste-alexandre | 27 juillet 2005 à 09:20
j'ai souhaite etudier
Rédigé par: moussabah | 01 décembre 2005 à 11:25
salut ca va
j'ai 18ans, j'ai un bac scineces experimentales,je voudrai continuer mes etudes chez vous bien sur si possible.
je souhaite de continuer mes etudes chez vous
je vous remercie
Rédigé par: el jouad zouhair | 20 décembre 2005 à 11:10
Salut
je suis de nationalité Béninoise et je désire avoir les renseignements par rapport à l'inscription des cours chez vous.
merci de votre réponse
OBINTI ROMUALD
01BP1562 PORTO-NOVO
BENIN
Rédigé par: OBINTI | 05 mai 2006 à 07:54
salut s'il vs plait j'aime avoir une idée sur cette université car moi je suis tunisienne et j'aime m'inscrire mais je ne sais pa comment aussi je veux savoir si les etudes est en anglais ou il on a des autres langues..merci bien!!
Rédigé par: myriam | 11 juillet 2006 à 16:03